Les zones de risques en Europe se multiplient
L’Europe prend l’eau par tous ses pores. Si l’Espagne est le point de mire des marchés, d’autres pays européens sont sur la sellette, comme le Portugal, la Hongrie, la Roumanie. Mais aussi la France.
L’étude publiée hier par Moody’s n’est pas de nature à rassurer les marchés. L’agence maintient sa perspective négative sur les banques espagnoles et estime qu’elles auront besoin de 17 milliards d’euros de capitaux supplémentaires, dont 12 milliards pour les seules «Cajas», sur la base d’un ratio de «core Tier 1» de 8%. Les pertes des banques ibériques se montent cette année à 176 milliards d’euros (contre 108 milliards en 2009), dont «seulement 88 milliards ont été reconnus par les banques» selon Moody’s. Un scénario optimiste comparé à celui de la société de gestion GaveKal qui estime ce montant à plus de 300 milliards d’euros. A l’aube de plusieurs adjudications tests, le rendement des emprunts d’Etat espagnol a atteint 5,52% (contre 2,97% pour le Bund allemand).
Le Premier ministre portugais, José Sócrates, s’est voulu rassurant dans un entretien accordé au Financial Times, estimant que «nous faisons ce que nous avons à faire: réduire le déficit public très rapidement et efficacement sur la base de réformes structurelles». Mais les économistes restent très sceptiques du fait de la faiblesse de la croissance potentielle du pays. Le même jour, le gouverneur de la banque centrale de Hongrie, András Simor, alertait dans un entretien accordé à Dow Jones Newswires, sur le fait que l’économie du pays restait très vulnérable aux sentiments de marché et que «la perception des risques s’était détériorée ces derniers mois». Le pays avait été le premier à bénéficié d’un plan de sauvetage il y a 2 ans. Même inquiétudes en Roumanie, qui a eu recours à l’aide européenne en avril 2009, et s’est engagée dans une cure d’austérité budgétaire qui a échoué l’an dernier à ramener le déficit à 7% du PIB.
Mais le plus inquiétant est la situation française. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, l'économiste américain Nouriel Roubini estime que si «la dette de la France n’a pas été attaquée par les marchés alors que le déficit public atteint 8% du PIB. En Italie, ce ratio est d’un peu plus de 5%», il exhorte le président français à engager dès maintenant les réformes structurelles promises car «un jour les marchés se réveillent et il est trop tard».
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