Les utilisateurs de dérivés européens sont en passe d'être mieux identifiés
Les utilisateurs de produits dérivés n’ont plus que quelques semaines pour obtenir le ou les codes qui doivent permettre aux régulateurs de bien comprendre qui fait quoi sur ces marchés. La régulation européenne, Emir, prévoit que d’ici au 12 février prochain ces intervenants devront avoir obtenu un code reconnu au niveau mondial, de 20 caractères, baptisé LEI (legal entity identifier). Ils auront à l’utiliser pour déclarer leurs opérations aux référentiels centraux, ces registres dont se serviront les régulateurs pour surveiller les marchés. Cette exigence, issue des travaux du G20, se retrouve déjà dans la régulation américaine.
«Dans le cas de Lehman, il est arrivé que certains opérateurs n’identifient pas précisément dans leur base clients l’entité du groupe Lehman qui était leur contrepartie, ce qui a rendu les choses d’autant plus compliquées au moment de la faillite de cette banque», rappelle Eric de Nexon, directeur de la stratégie pour les infrastructures de marché chez Societe Generale Securities Services.
Le dispositif qui doit superviser la distribution des LEI au niveau mondial tarde à être mis en place. En attendant, une poignée d’intervenants comme DTCC ou le London Stock Exchange peuvent distribuer des «pré-LEI». En France, les opérateurs peuvent se tourner depuis cet été vers l’Insee pour obtenir un LEI. Même si cette opération coûte 150 euros et se fait en quelques jours, elle suppose une adaptation plus compliquée des systèmes d’informations.
A ce jour l’Insee a distribué 3.786 LEI, dont une bonne part à des fonds communs de placement. «Même si l’ensemble des acteurs et en particulier les sociétés contreparties ne sont pas tous au courant qu’ils doivent obtenir le LEI, l’information commence à circuler», estime Pierrette Schuhl, à l’Insee. Soucieux de la fiabilité de son authentification, l’institut ne distribue des LEI qu’aux acteurs français.
«Nos membres multi-gestions / multi-pays auraient souhaité n’avoir qu’un seul guichet pour obtenir un LEI», explique Pierre-Yves Berthon, secrétaire général de l’Association française de la gestion financière. Il invite les gestionnaires à demander un LEI (par compartiment de fonds) au plus vite «Il ne faut pas s’y prendre au dernier moment car il pourrait y avoir des embouteillages».
L’utilisation du LEI dans Emir risque de n'être qu’une étape. L’Autorité bancaire européenne pense à s’en servir dans le cadre de la directive CRD 4.
Plus d'articles du même thème
-
Tereos continue à pâtir de la faiblesse des prix du sucre
La coopérative a vu son résultat net tomber dans le rouge lors de l’exercice 2025-2026 et son levier d’endettement s’est envolé malgré un niveau de dette sous contrôle. -
Tikehau IM se dote d’un responsable de la France
Le président de Sofidy, Guillaume Arnaud, est nommé responsable de la France et directeur général délégué de Tikehau IM à la suite de l’intégration de la société immobilière à sa maison mère. -
Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
La nouvelle étape de la lente évolution de la gouvernance du leader français du private equity, créé par Dominique Senequier, illustre combien les succès dans le secteur sont liés à la personnalité qui les incarne. -
L'inflation américaine a atteint 3,8% en avril
Portée par la flambée des cours de l'énergie, la hausse des prix est à son plus haut niveau depuis trois ans aux Etats-Unis. -
Les ETI non cotées gagnent à recourir à davantage d'administrateurs indépendants dans leur gouvernance
Face au cadre réglementaire choisi par les ETI cotées, les entreprises non cotées disposent d’une grande liberté. Ces dernières doivent cependant progresser en matière de mixité et de gestion des successions. -
Le fonds américain KKR s’implante en Italie
La société d’investissement, qui a engagé plus de 10 milliards d’euros depuis 2005 dans la péninsule, ouvre un premier bureau à Milan.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
- Invesco discute avec le fondateur de Zara pour lui céder l'immeuble Capital 8 à Paris
Contenu de nos partenaires
-
Têtes chercheusesEnfin un centre dédié aux relations internationales à Sciences Po
Un « Center for Global Security and Governance » devrait voir le jour à l’Institut d’études politiques de Paris. Critiqué, ce projet doit toutefois combler un manque flagrant -
Tout ça pour çaPourquoi la Cour des comptes étrille la renationalisation d’EDF
Le rachat de la totalité de son capital par l’Etat marque surtout une volonté politique de réaffirmer le caractère souverain d’EDF, souligne son rapport -
Lance à incendieFermeture d'Ormuz : le déficit de la Sécu se creuse de 4 milliards
Face au possible dérapage du déficit de la Sécu au delà de la barre des 20 milliards, le gouvernement a déjà réagi en gelant les allègements de cotisations patronales