Les tensions s’accroissent sur le marché monétaire européen
Faut-il s’inquièter de la hausse de l’Eonia? Le fixing du taux monétaire a atteint un niveau record de 18,4 pb hier depuis que le taux de dépôt a été baissé à 0% l’an dernier et se rapproche ainsi du taux de refinancement de la BCE, abaissé à 0,25%. Par ailleurs, le taux anticipé («forward») Eonia un an dans un an est passé au-dessus du taux de refinancement, «et le risque d’une nouvelle hausse marginale persiste à court terme», selon CA CIB. Cette tendance, entamée le mois dernier, s’est notamment traduite par une hausse du coût d’emprunt lors des opérations de stérilisation du programme SMP au cours desquelles la demande de 184 milliards d’euros n’a pas été couverte, et par l’augmentation des demandes lors des appels d’offres de la BCE à la semaine (MRO).
Aujourd’hui, seize banques doivent rembourser 22,65 milliards d’euros de prêts contractés lors des opérations de VLTRO à 3 ans (dont 19,33 milliards pour le second), ce qui fera chuter l’excédent de liquidités à 133 milliards. Le montant moyen de remboursement sur le second VLTRO est le plus élevé depuis le lancement de l’opération, avec des montants en nette accélération depuis six semaines. Un effet lié aux ajustements de bilan de fin d’année des banques, mais aussi à des facteurs particuliers, tels que les 20 milliards de tombées non couvertes sur des obligations italiennes dimanche, selon Barclays. De nouveaux remboursements sont prévus le 23 décembre, avant une suspension des opérations jusqu’au 15 janvier 2014, ce qui explique également l’importance des remboursements des banques.
Pourtant, l’excès de liquidités est légèrement remonté récemment, en lien avec la baisse des facteurs autonomes. Les opérations de MRO, avec une hausse de la demande constatée hier de 20 milliards, pourrait en outre «agir comme un stabilisateur naturel dans le cas d’une hausse persistante de l’Eonia», selon CA CIB. Le nouvel échec hier, le neuvième, de la stérilisation du SMP, avec le plus gros écart observé entre la cible (184 milliards) et l’offre des banques (152 milliards), va également venir renforcer la liquidité.
Si aucune opération spéciale de fin d’année n’est cette fois prévue comme filet de sécurité, la BCE peut recourir, en cas de stress, à une «baisse du taux de réserves obligatoires ou mieux, à une suspension de la stérilisation du SMP, avant une éventuelle baisse de taux et une possible LTRO ciblée», estime Frederik Ducrozet, économiste chez CA CIB.
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