Les secteurs industriels seront soumis à rude épreuve en France en 2013
Entrée en récession au premier trimestre 2013, l’économie française «reste sous la pression des multiples contraintes qui l’affectent», relève le Crédit Agricole-LCL dans ses dernières perspectives économiques et sectorielles. Parmi les facteurs négatifs pesant sur l’activité, les économistes de la banque citent la faiblesse du climat des affaires et des débouchés européens, la hausse du chômage ou l’ajustement des finances publiques. Mais ces éléments seront en partie compensés par des spécificités françaises «qui constituent des forces de rappel dans le contexte actuel».
C’est notamment le cas des revenus des ménages, relativement inertes en raison du niveau élevé des prestations sociales et d’un ajustement limité des salaires, ce dernier élément jouant néanmoins en défaveur des entreprises. En tenant compte de la légère érosion du taux d’épargne attendue cette année (à 15,4% contre 15,6% l’an dernier), la consommation privée devrait limiter son repli à 0,1% en 2013. En se référant à la dernière enquête trimestrielle de la Banque de France, ces économistes notent également que contrairement aux pays d’Europe du Sud, la demande de crédit bancaire des PME et des ETI semble globalement satisfaite. Au total, ils tablent sur un recul de 0,1% du PIB français en moyenne annuelle pour 2013, (contre -0,7% dans la zone euro).
Mais avec une progression de l’activité de 0,9% prévue l’an prochain, la France semble en contrepartie «moins apte à profiter du modeste rebond anticipé de l’économie européenne en 2014», qui devrait être de 1%. La raison principale tient au déficit structurel de compétitivité des entreprises françaises, qui tire à la baisse leur niveau de rentabilité. En plus du rôle important assigné au CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), les économistes de Crédit Agricole-LCL estiment indispensable de réformer le marché du travail par l’adoption d’un mécanisme de «flexi-sécurité». Cette évolution «facilitera l’ajustement des entreprises en cas de retournement conjoncturel et limitera ainsi la destruction d’emplois, permettant un meilleur rebond post-crise».
En attendant ce cercle vertueux, le panorama des 32 secteurs analysés sur une base semestrielle témoigne de leur difficulté à faire croître leur production, puisque seulement huit d’entre eux devraient y parvenir modestement cette année. Par rapport aux prévisions de janvier, on constate peu de changements dans le haut du palmarès où figurent toujours les engrais et la construction aéronautique. La seule révision notable concerne la phytopharmacie dont l’activité serait stimulée par «l’évolution favorable des marchés export», conduisant à une croissance de la production de 2% en volume.
Les autres segments du secteur chimique seront de leur côté davantage affectés qu’initialement prévu par la morosité de la demande. C’est également le cas de certains biens intermédiaires comme l’industrie du verre ou la plasturgie, qui devraient enregistrer un recul de 4% de leur production. Si l’activité du verre creux pâtira de la baisse de la demande des producteurs de boissons, le verre plat et la transformation des plastiques souffriront des difficultés persistantes des filières du BTP et de l’automobile. Il est donc logique de retrouver les constructeurs de voitures particulières et les équipementiers automobiles dans les dernières places du classement, avec une chute attendue de 14% et 8,8% de leur production respective.
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