Les régulateurs se penchent sur les acteurs systémiques de la finance de l’ombre
Après les banques et les assureurs, les régulateurs donnent un coup de projecteur sur les autres institutions d’importance systémique. Le Conseil de stabilité financière (FSB) et Iosco, l’organisation internationale des gendarmes de marché, ont lancé le 8 janvier une consultation sur les critères qui permettront d’identifier ces groupes, dont la faillite désordonnée mettrait en péril le système financier mondial et l’économie, mais qui ne relèvent ni du secteur bancaire, ni de l’assurance (NBNI, en jargon des régulateurs). La consultation est ouverte jusqu’au 7 avril.
Les acteurs de la finance de l’ombre (shadow banking) sont concernés: gros gérants d’actifs, courtiers interbancaires, chambres de compensation appelées à jouer un rôle croissant sur le marche des dérivés. Sans oublier les sociétés financières qui accordent des concours aux particuliers et aux entreprises en allant chercher le gros de leurs ressources sur les marchés.
En préambule, le document identifie trois canaux par lesquels un NBNI pourrait transmettre ses problèmes à l’ensemble du système: l’exposition des contreparties, une liquidation d’actifs qui entraînerait une chute des prix de marché, et enfin l’incapacité à assurer un service essentiel aux autres acteurs de la finance.
Il établit ensuite un premier critère de taille. Seuls les sociétés financières et les intermédiaires (brokers-dealers) ayant un total de bilan supérieur à 100 milliards de dollars feront l’objet d’un examen pour savoir s’ils appartiennent, ou non, à la catégorie des institutions systémiques. Pour les fonds d’investissement, le filtre est aussi fixé à 100 milliards de dollars d’encours. S’agissant des hedge funds, un seuil alternatif de 400 à 600 milliards d’exposition brute – la somme des positions courtes et longues – est proposé.
Les travaux des superviseurs pourront alors commencer. Le FSB et Iosco établissent une longue liste d’indicateurs, sans mesures chiffrées à ce stade, comme le montant des accords de prêts-emprunts de titres (repo) signés avec des contreparties, le ratio de levier, la part de la dette à court terme dans le financement ou encore celle des produits dérivés de gré à gré non compensés de manière centralisée. Pour les gérants, le poids d’un fonds dans les volumes quotidiens traités sur un marché donné, ou le recours au trading haute fréquence, feront aussi partie des indicateurs examinés.
Plus d'articles du même thème
-
Un tiers des successions des dirigeants du SBF 120 en 2025 n’était pas planifié
La succession des directeurs généraux est devenue une priorité permanente de gouvernance. Une bonne préparation dépend de la qualité de la relation du conseil avec le dirigeant en place. Quand ce dernier est doté d’une forte personnalité, la gestion de la succession risque d’être plus complexe. -
Les fabricants de puces forcent la porte du «club des 1.000 milliards» en Bourse
Mardi, Micron a franchi pour la première fois la barre des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière après qu'UBS a presque triplé son objectif de cours. Mercredi, le sud-coréen SK Hynix lui a emboité le pas. -
Les 3M, ces trois freins à la guerre qui n’ont plus d’effet
La pression sur Donald Trump liée aux élections de mi-mandat, aux marchés et aux munitions (les 3M) devait aboutir à une désescalade rapide du conflit en Iran, et guider des arbitrages qui n’ont pas vraiment eu lieu sur les marchés financiers. De quoi craindre un potentiel enlisement. -
Inetum accompagne la Banque d'Espagne sur l'euro numérique
Même si le vote de l'euro numérique à Bruxelles est retardé, les travaux sur sa version pilote sont déjà enclenchés. Alors que l'appel à candidatures pour les PSP vient seulement de se terminer pour la Banque de France, la Banque d'Espagne avance avec le français Inetum. -
La Cour des Comptes prescrit des économies en urgence à la Sécurité sociale
En présentant leur rapport sur le financement de la protection sociale, les magistrats ont insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures d’économies pendant qu’il est encore temps. -
Face au choc agroalimentaire qui se prépare, l’Europe décide de soutenir ses agriculteurs
Un plan assurant les approvisionnements en engrais a été adopté par le Conseil européen, alors que la FAO prévoit une crise alimentaire dès cette année en Afrique et en Asie.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- L'Esma propose deux candidatures pour sa présidence
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- Indépendance AM lance une part ETF sur son fonds Europe Mid
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
Contenu de nos partenaires
-
Ce qui nous attend« Avec l'IA, les entreprises vont avoir besoin de beaucoup d’experts à la croisée du juridique et de la tech »
Pour Vincent Huguet, cofondateur et CEO de Malt, le besoin de conformité à venir des entreprises pour satisfaire aux règlementations européennes va faire naître de nouveaux métiers, à l'image des délégués à la protection des données (DPO) lors du RGPD. -
InnovationNouvelles techniques de génétique végétale : les députés européens à l'heure des choix
Le cadre réglementaire européen pour les « nouvelles techniques génomiques » (NGT) de sélection variétale est entré dans sa dernière ligne droite, avec des oppositions farouches -
« C’est une capitulation » : la mise en garde de Bruno Retailleau au gouvernement sur l'immigration de travail
Interrogé par l’Opinion, le candidat des Républicains à la présidentielle dénonce la tentation de desserrer les critères de régularisation. « Comme d’habitude, le gouvernement risque de se coucher devant les injonctions de la gauche, accuse-t-il. Il ne cherche qu’une occasion d’ouvrir les vannes »