Les régulateurs bancaires assouplissent leur position sur la titrisation
Les régulateurs bancaires internationaux pourraient assouplir l’encadrement de la titrisation, alors que celui-ci est vu comme l’un des freins à la reprise de ce marché en Europe. Le Comité de Bâle vient de publier une nouvelle consultation qui revoit à la baisse les exigences en capital qui seront imposées aux banques au nom de leurs expositions aux obligations adossées adossées à des actifs (ABS).
Aux yeux des régulateurs, la crise a démontré que le traitement actuel de la titrisation était inadapté. Il dépend trop des notes des agences de notation, crée une pondération par le risque trop indulgente pour certaines titrisations au regard de leur performance et trop dure pour d’autres titres peu risqués. Enfin, le cadre réglementaire peut s’avérer procyclique, car les exigences en capital peuvent augmenter brutalement.
Pour corriger le tir, le Comité de Bâle avait soumis à consultation en décembre 2012, une première mouture du futur cadre réglementaire. Après avoir reçu de nombreux commentaires et mené une étude d’impact, il a décidé de changer sensiblement son approche. Le Comité propose désormais aux établissements financiers d’utiliser leur notation interne pour calculer les exigences en capital liées à la titrisation. A défaut, les banques utiliseront les notations externes ou «l’approche standard».
Surtout, alors que dans la proposition initiale du Comité, la nouvelle régulation fixait le ratio minimal de pondération par le risque à 20%, pour les tranches de titrisation notées AAA et d’une maturité d’un an, le projet publié hier abaisse ce ratio à 15%. Toutes les pondérations ont été revues à la baisse en conséquence.
Le cadre proposé reste plus strict que celui en vigueur, qui prévoit un ratio de 7% pour les actifs de meilleure qualité. «Beaucoup d’éléments de cette nouvelle consultation sont bienvenus, réagit Richard Hopkin, en charge de la titrisation pour le lobby financier, Association for Financial Markets in Europe (AFME). Cependant, aussi importantes qu’apparaissent ces avancées, elles ne vont pas relancer à elles seules le marché de la titrisation européen».
Les propositions du Comité de Bâle doivent en effet être validées après la fin de la consultation prévue le 21 mars 2014. Surtout, les professionnels de la titrisation s’inquiètent du traitement des ABS , dans le ratio de liquidité qui va être imposé aux banques. Ils redoutent aussi la mise en place de la régulation Solvency 2 sur les assurances.
Plus d'articles du même thème
-
Les family offices européens réajustent massivement les portefeuilles face à la situation géopolitique
Selon le dernier rapport d’UBS, la géopolitique pousse les family offices européens à une réallocation sans précédent de leurs actifs. Au programme : diversification hors du dollar et boom de l'IA. -
Michelin veut supprimer jusqu'à 1.500 postes en France en trois ans
Ces départs se feraient sur la base du volontariat. Ils sont justifiés par le pneumaticien par une concurrence accrue et un contexte «fortement instable». -
Le dispositif Jeanbrun doit être appréhendé comme un outil de transmission
Le "nouveau statut de bailleur privé", très critiqué par les acteurs de l'immobilier, se révèle pertinent dans le cadre d'une donation. -
Axa, Carrefour, Gecina, Scor et Valeo émettent des obligations
Au total, ces cinq entreprises ont annoncé avoir émis pour plus de 3 milliards d'euros d'obligations entre mercredi soir et jeudi matin. -
Soitec reprend sa marche en avant boursière malgré des résultats en repli
Le spécialiste des semi-conducteurs a enregistré une perte au cours de son exercice décalé 2025-2026 mais il anticipe un rebond de ses ventes. Son action repart à la hausse et confirme son envolée des derniers mois. -
Main Capital poursuit son offensive dans le software européen
Après de récents investissements en Allemagne et en Suède, le gérant néerlandais signe la seizième opération de son fonds phare en prenant le contrôle de l’éditeur de logiciels belge Ferranti.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
- Invesco discute avec le fondateur de Zara pour lui céder l'immeuble Capital 8 à Paris
Contenu de nos partenaires
-
Déficit de la Sécu : la facture 2026 pourrait s'envoler, loin des prévisions du gouvernement
Le gouvernement pensait ramener à 19,4 milliards d'euros de déficit des régimes de base de la Sécurité sociale. La Commission des comptes et la Cour des comptes viennent de sérieusement doucher ses espoirs -
HorlogerieRoland-Garros : les montres montent au filet
Rafael Nadal a été le premier joueur de tennis à porter une montre en compétition. Depuis, de nombreux professionnels du circuit arborent désormais leur garde-temps sur le terrain. Et plus que jamais ces jours-ci, sur la terre battue de Roland-Garros. -
Geely, une success-story chinoise
Au-delà d’être un groupe chinois tentaculaire comprenant près d’une dizaine de marques différentes, Geely est aussi un constructeur qui a le vent en poupe en Chine et débarque en France. A quoi faut-il s’attendre ?