Les réglementations compliquent la tâche des investisseurs en emprunts d’Etat
Dans l’attente d’une aide à l’Irlande, les investisseurs en dette souveraine tentent de se rassurer. «La crise irlandaise est une crise d’un système bancaire, la crise grecque, celle de dettes publiques. Une crise bancaire est toujours moins sévère qu’une crise de dette publique, et le marché semble avoir fait cette différence, a noté Philippe Troesch directeur général d’Aberdeen AM France lors du séminaire «Dette souveraine 2011» organisé jeudi par L’Agefi en partenariat avec Moody’s. Les taux irlandais à 10 ans ont baissé de 92 pb depuis le 11 novembre, à 8,14% vendredi.
Au vu des problèmes de déficits publics, l’avenir reste toutefois incertain. Alexander Kockerbeck, vice-président, senior credit officer chez Moody’s, a jugé «difficile de stabiliser ou de renverser durablement la situation des finances publiques», mais croit à une «italianisation de l’Europe» avec des réformes des retraites, des systèmes bancaires plus conservateurs et une croissance du PIB médiocre.
Du coup, pour Marie-Anne Allier, responsable euro aggregate chez Amundi, «la recherche de rendement va rester une problématique importante ces prochains mois au vu du niveau absolu des taux» et les investisseurs «devront s’habituer à traiter moins d’actifs sans risque», les notes des pays développés étant en tendance dégradées et celles des émergents relevées.
De plus, les réglementations, notamment Solvency II, compliquent la tâche des assureurs et caisses de retraites. Jean-Claude Guimiot, directeur général d’Agrica Epargne s’est alarmé que «le régulateur pousse à investir sur la dette souveraine» alors que «la baisse des taux accroît les besoins de financement qui doivent être provisionnés en face des engagements retraites».
Selon Ismaël Lecanu, responsable de la gestion de taux au Groupe Mornay, Solvency II pénalise les investisseurs sur la partie longue de la courbe de crédit, surtout le secteur high yield 5-10 ans et au-delà, car la règle exige une charge de capital qui peut s’avérer lourde. Toutefois, Bâle III et Solvency II favorisent les dettes d’Etat de l’OCDE qui sont exemptes de charge en capital. «Nous allons assister à des réallocations de portefeuille avec des stratégies longues en crédit sur la partie courte de la courbe des taux (et donc vendeuses sur la partie longue) et longues en dettes souveraines sur la partie longue (vendeuses sur la partie courte)», ajoute-t-il.
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