Les professionnels de la finance s’inquiètent du risque de divergence réglementaire
Utilité de la finance, hypertrophie des dérivés sur matières premières, «shadow banking », déficit d’image des banques… Les sujets de débat ont été nombreux lors des deux tables rondes organisées le 19 mai par L’Agefi à l’occasion de la célébration du centenaire du groupe à la Sorbonne. Mais le risque de divergences réglementaires entre les grandes régions du monde, au moment où s’élaborent des textes fondamentaux pour le secteur financier (Bâle 3, Solvabilité 2) est une fois de plus apparu comme un sujet de préoccupation majeur.
Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers, a posé clairement les termes du débat. D’un côté, les Etats-Unis, où le Congrès a le dernier mot et qui ont déjà pris les devants avec la loi Dodd-Frank. De l’autre, «les pays émergents qui nous disent: cette crise est la vôtre» et n’ont aucune envie de brider le développement de leurs banques et de leurs économies. Entre les deux, «l’Europe a prouvé sa capacité à se tirer une balle dans le pied». Jean-Pierre Jouyet vise notamment la directive Solvabilité 2, qui contraindra l’investissement en actions des assureurs. «L’Europe n’a pas besoin de cette directive», a-t-il asséné.
Le président de l’AMF a aussi souligné les défis qui attendent le G20 en termes de gouvernance. Après l’accord sur les grands principes de supervision du secteur financier, il convient de mettre en œuvre une surveillance effective de l’application des règles dans les différents pays.
La convergence comptable entre les Etats-Unis et le reste du monde demeure aussi un vaste chantier. «Je suis optimiste», a dit Alain Pons, président de la direction générale de Deloitte France, tout en limitant la portée de la définition commune de la juste valeur publiée début mai par le FASB et l’IASB.
Outre la divergence des régulations, leurs limites ont aussi été évoquées. Celles de la directive MIF, par exemple, qui a accéléré la fragmentation des marchés actions en Europe. Mais le problème est plus vaste. «Aujourd’hui, au niveau mondial, 90% de la négociation des produits financiers est opaque», a relevé Dominique Cerutti, directeur général adjoint de Nyse Euronext. Et les régulateurs eux-mêmes n’ont pas encore les moyens technologiques de surveiller certains acteurs du marché, comme les flash traders.
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