Les prochaines minutes de la Fed éclairciront sa stratégie de sortie
Dans le cadre de la réunion du FOMC d’avril, les banquiers centraux ont discuté d’une révision des principes élaborés en juin 2011
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Alexandre Garabedian
Rarement réunion de la Fed aura suscité aussi peu de passion avant sa tenue. En l’absence de conférence de presse ou de publications de projections économiques, et alors que sa présidente Janet Yellen a engagé il y a un mois une politique qualitative de pilotage des anticipations («forward guidance»), le communiqué publié mercredi soir s’est inscrit dans le consensus des économistes.
Malgré la publication, quelques heures plus tôt, d’une estimation de croissance quasi nulle au premier trimestre, la Réserve fédérale a une nouvelle fois diminué de 10 milliards de dollars le montant de son programme d’assouplissement quantitatif. Celui-ci est désormais ramené à 45 milliards de dollars de rachats mensuels, contre 85 milliards lors du lancement du QE3. La baisse a été répartie équitablement entre achats de Treasuries et de titres hypothécaires (MBS). Mais il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg. Le 29 avril, les membres du comité de politique monétaire (FOMC) se sont aussi réunis pour discuter des «questions de politique monétaire à moyen terme», selon un avis publié sur le site internet de la Fed. Le sujet avait figuré pour la dernière fois à l’agenda des banquiers centraux américains le 26 avril 2011, peu de temps avant la publication de «principes de sorties» (exit principles) pour la normalisation de la politique dans les minutes du FOMC de juin 2011, rappelle Laura Rosner, économiste chez BNP Paribas. «Si les gouverneurs de la Fed ont relancé des discussions similaires, cela pourrait signifier que le comité est en train de passer en revue ses principes de juin 2011 et s’apprête à publier une version révisée», poursuit-elle.
Les minutes de la réunion d’avril 2011 avaient fait état des discussions autour des stratégies possibles de sortie des politiques non conventionnelles. Prévue le 21 mai, la publication des minutes de la réunion de cette semaine pourrait déjà se montrer riche d’enseignements sur ces débats.
Les économistes de Citigroup estiment de leur côté que la Fed pourrait rester en pilotage automatique en termes de politique et de communication, «afin de prendre le temps de réviser la stratégie de sortie et les procédures opérationnelles nécessaires à une hausse du taux directeur une fois normalisées les conditions économiques».
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