Les plates-formes obligataires se démènent pour séduire les investisseurs institutionnels
Les opérateurs de plates-formes spécialisées sur la dette d’entreprise font le maximum pour attirer les investisseurs institutionnels. Hier Nyse Euronext, qui a inauguré l’été dernier son marché dédié, BondMatch, et TradingScreen, qui s’apprête à lancer le sien, Galaxy, ont proposé d’installer des écrans chez les investisseurs institutionnels.
Le service sera offert pendant trois mois et donnera accès au carnet d’ordres des plates-formes sous une forme consolidée. Celui-ci est baptisé European Central Order Book, même s’il ne doit regrouper que les flux des deux marchés issus du Comité Cassiopée. Chez TradingScreen, on assure que Galaxy sera lancée le 27 juillet avec quelques membres avant de monter en puissance à la rentrée.
L’opération est censée convaincre les institutionnels qui continuent d’effectuer leurs transactions de gré à gré de se connecter aux marchés. BondMatch démarre lentement ce qui suscite les sarcasmes de certains. «BondMatch, c’est un outil fantastique, mais au final il n’y a pas de volume», a asséné Christophe Mianné, directeur adjoint de Société Générale CIB, lors du forum Paris Europlace hier. Et d’ajouter : «Un marché efficient, c’est un marché où il y a du volume.» Nyse Euronext assure que chaque jour des prix sont reçus sur quelque 700 titres et près de 450.000 ordres sont passés, mais ne communique pas de taux d’exécution.
«Compte tenu de la nouvelle réglementation, les banques ne peuvent plus mener leur activité de teneur de marché comme avant. Il faut passer à un modèle où les investisseurs institutionnels ont un rôle beaucoup plus important à jouer», assure Nathalie Masset, directrice des marchés obligataires européens chez Nyse Euronext. Avant de lancer son offre d'écrans, le groupe a travaillé jusqu’au printemps à l’intermédiation des institutionnels.
«La participation des institutionnels sera plus simple quand les problématiques techniques, notamment celles qui ont trait à la facilité d’accès au carnet d’ordres et à la conversion en continu de prix fermes en spreads et vice-versa, seront résolues» , assure Etienne Stofer, directeur de la Caisse de retraite du personnel navigant. Il explique que KBL et Kepler offrent ces services mais pas les grandes banques françaises. «Il faut briser l’inertie. Que quelques acteurs importants donnent l’exemple et apportent un début de liquidité avec des ordres à de vrais prix».
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