Les petites sociétés de gestion veulent un régime moins strict pour l’analyse financière
Les sociétés de gestion françaises de taille modeste devraient bénéficier de plus de souplesse pour la facturation de l’analyse financière à leurs clients, souligne l’Association française de la gestion financière (AFG) dans sa réponse, publiée hier, à une consultation de l’Autorité des marchés financiers (AMF).
La régulation MIF 2, applicable dès 2018, veut réduire les conflits d’intérêts liés au financement de l’analyse financière en mettant un terme à la pratique qui consiste à lier les frais de recherche facturés aux clients finaux aux volumes de transactions exécutées. A l’avenir, les sociétés de gestion devront payer la recherche avec leurs propres deniers ou alors se mettre d’accord ex-ante avec leurs clients sur le budget qui sera alloué au paiement de la recherche.
«Cela inquiète beaucoup les sociétés de taille modeste, explique Eric Pagniez, délégué général adjoint de l’AFG. Même si l’AMF a tenu compte dans sa consultation de la complexité du dispositif à mette en place, il reste fastidieux». L’AFG propose donc qu’en dessous d’un seuil de budget de recherche fixé à «0,10% des actifs gérés en mandat, plafonné à 500.000 euros par an», les sociétés de gestion puissent bénéficier de plus de liberté dans l'établissement leur budget de recherche. L’AMF propose aux gérants d’estimer leur budget de recherche de façon globale puis de le répartir par portefeuille, à condition de suivre «un processus particulièrement rigoureux» qui garantisse une répartition équitable entre les portefeuilles. C’est notamment vis-à-vis de ce processus que l’AFG attend plus de souplesse. Cet appel à la proportionnalité est relayé par l’Association française des marchés financiers (Amafi). Selon elle, il est important de ne pas déstabiliser les acteurs de taille petite et moyenne car ils «sont particulièrement actifs sur le segment des PME et ETI».
Les deux associations estiment par ailleurs que c’est aux gérants de décider de l’opportunité d’étendre le dispositif, conçu pour la gestion sous mandat, à la gestion collective. Elles se félicitent que les services de mise en relation des investisseurs et émetteurs (corporate access) puissent, aux yeux de l’AMF, continuer à être facturés comme de la recherche. Même si elles approuvent dans l’ensemble l’approche du régulateur, l’inquiétude demeure. «Le risque d’attrition des revenus liés à cette activité est manifeste, notamment sur les actions», explique Emmanuel de Fournoux, de l’Amafi.
Plus d'articles du même thème
-
L’IA va faire face à un durcissement des conditions de financement
Les projections d’investissements dans l’IA continuent d’augmenter et les besoins de financement aussi. Les investisseurs réclament une prime plus élevée. Si elle devenait trop haute, elle pourrait remettre en cause certains de ces investissements. Un risque scruté de près. -
Les banques françaises : peut-on imaginer Sisyphe heureux ?
La rechute des valorisations boursières des banques françaises depuis quelques semaines s'explique moins par la trajectoire de leurs revenus, relève Vivien Levy-Garboua, que par le niveau de leurs coûts, sensiblement plus élevés que ceux de leurs rivales. -
Le dollar ne sera pas nécessairement le grand gagnant des élections de mi-mandat
La hausse des rendements des bons du Trésor ne se traduira pas nécessairement par un billet vert plus fort. -
L’IA et les stablecoins sont dans le viseur des autorités financières
Le Conseil de stabilité financière a envoyé sa traditionnelle lettre aux ministres des finances et aux banques centrales du G20 en amont de leur réunion du 15 octobre. L’objectif est notamment de les sensibiliser à nouveau sur la vigilance dont les responsables doivent faire preuve face à l’IA et au développement des stablecoins. -
Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
Plus de 86 millions de dollars auraient été siphonnés. Des appareils ont été compromis par des mouchards, capables de récupérer la seed phrase des utilisateurs. -
Les levées de capital éclair font un retour tonitruant
A l’image d’Engie ou Rexel en France cette année, et probablement de Schneider Electric d’ici peu, les opérations ultra-rapides sous forme de placements accélérés, exécutées du soir au lendemain, dominent le marché de capitaux actions en 2026. Emetteurs et investisseurs y trouvent leur compte.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Les gestionnaires d'actifs réduisent la voilure sur la dette française
- Spiko lève 90 millions de dollars en série B
- Le label ISR ouvre une consultation pour s'étendre au capital-investissement
- Le métier titres de BNP Paribas est mandaté pour le fonds Défense de Bpifrance
- DNCA recrute un gérant actions européennes d’Amundi
Contenu de nos partenaires
-
EpitapheLa victoire de Raphaël Glucksmann signe-t-elle la mort du PS ?
En plébiscitant le leader de Place publique à plus de 66 %, les socialistes confient leur destin présidentiel à un homme qui n’est pas des leurs, comme une SFIO déclinante le fit avec François Mitterrand en 1965. Un dernier clou dans le cercueil laissé par Anne Hidalgo, ou le premier acte d’un nouvel Epinay ? -
Comment la colère lycéenne s'est répandue sur les réseaux sociaux
Portée par des incidents violents et une forte répression policière filmée sur TikTok, la grogne des lycéens, partie de Créteil, a embrasé la toile au détriment de leurs revendications initiales -
No man's landChez les lycéens aussi, l'étiquette macroniste rebute
Aucune organisation lycéenne n'assume une proximité avec le gouvernement ou les candidats issus du camp présidentiel, Gabriel Attal et Edouard Philippe. C'est qu'il est difficile d'exister dans un débat aussi polarisé dans les écoles qu'à la télé