Les Pays-Bas mettent leurs fonds de pension sous pression
Pénalisés par la faiblesse des taux en zone euro et la chute des marchés d’actions au mois d’août, les fonds de pension néerlandais vont aussi faire les frais d’une évolution réglementaire passée relativement inaperçue cet été. Mi-juillet, leur tutelle, la banque centrale, a décidé de modifier le mode de calcul des engagements des fonds, ce qui aura pour effet de faire gonfler leur passif.
La banque des Pays-Bas a en effet abaissé de 4,2% à 3,3% le taux UFR (ultimate forward rate). Celui-ci est l’un des éléments du taux d’actualisation utilisé par les fonds de pension pour calculer la valeur présente de leurs engagements auprès de leurs clients, et donc le taux de couverture des passifs par les actifs (funding ratio). L’UFR permet notamment de limiter l’impact de la volatilité des taux de marché sur le calcul de ces ratios, en particulier pour les maturités très longues.
L’abaissement du taux, applicable à compter du 15 juillet 2015, accroît mécaniquement les passifs des fonds de pension. Rendu variable et non plus fixe, l’UFR devrait continuer à baisser à l’avenir compte tenu du niveau des taux de marchés. «Le passage à un UFR variable ne constitue pas complètement une surprise, car le changement de méthode était à l’origine prévu dès janvier. Mais beaucoup espéraient qu’il soit encore reporté, voire tout simplement abandonné», soulignent les stratégistes taux de RBS.
L’industrie a aussitôt poussé les hauts cris. Le lobby du secteur, la Dutch Pension Federation, «très déçue», estime que les conditions actuelles des plans de retraite «ne seront plus tenables» sur le long terme. PMT, le fonds de pension de l’industrie métallurgique, qui gère 65 milliards d’euros, a par exemple calculé que l’ajustement dégraderait de 3 points son ratio de couverture, à tout juste 100%. Le régulateur estime lui aussi à 3 points, en moyenne, l’impact de cette réforme, avec un pic à 6 points pour certains acteurs du secteur.
Un tiers environ des fonds de pension néerlandais auraient un funding ratio inférieur à 105%, estimait le régulateur avant l'été. Les plus fragiles soumettent à leur tutelle un plan de redressement qui prévoit une hausse des cotisations et une baisse des prestations. Des remèdes qui semblent inévitables pour 2016.
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