Les opposants à l’Union européenne s’illustrent en France et en Grèce
La montée en force d’un sentiment de défiance à l'égard de l’Europe était pressentie mais son ampleur a surpris dans plusieurs pays. C’est dans l’Hexagone qu’elle a été la plus spectaculaire. Les estimations Ifop, TNS Sofres, CSA donnaient hier soir le Front national en tête avec 25% des voix environ, devant l’UMP (20-21%) et le Parti socialiste (14,1-14,5%). Un tel score donnerait au parti de Marine Le Pen, qui avait obtenu 6,34% des voix en 2009, de 22 à 25 sièges (contre 3 jusqu’alors). Le taux d’abstention a atteint 57%.
En Grèce, c’est le parti de la gauche radicale Syriza qui s’est illustré avec un score estimé à 27,8% des voix. La formation devancerait d’environ cinq points Nouvelle démocratie, le parti conservateur du Premier ministre Antonis Samaras. Les socialistes du Pasok, membres de la coalion gouvernementale recueillent quant à eux 8,1% des suffrages, derrière la formation d’extrême-droite Aube dorée (9,3%). Des résultats qui ne seraient pas de nature à faire sombrer la coalition. «Il n’y aucun risque que nous n’achevions pas notre mandat de quatre ans», a déclaré hier Simos Kedikoglou, porte-parole du gouvernement.
En Italie, le scrutin avait valeur de test pour le président du Conseil Matteo Renzi. Sa formation, le Parti démocrate, arriverait en première position avec 33% des suffrages selon l’institut EMG, devant le Mouvement 5 Etoiles (M5S) de l’humoriste contestataire Beppe Grillo. Forza Italia, le mouvement de Silvio Berlusconi, obtiendrait 18% des voix.
Outre-Quiévrain, en plus des élections européennes, les Belges votaient également pour leurs représentants fédéraux et régionaux. Le scrutin a été marqué par la percée en Flandre de la N-VA, le parti séparatiste flamand du maire d’Anvers Bart de Wever. Le Premier ministre socialiste Elio di Rupo, dont le parti reste la première force politique en Wallonie, a souhaité voir mis en place «rapidement une majorité gouvernementale en place pour aller de l’avant», sans citer la N-VA.
Au niveau de l’ensemble des Vingt-huit, le Parti populaire européen (PPE, centre droit) domine le scrutin avec 211 des 751 sièges du Parlement, selon des projections officielles. Le «PPE revendique la présidence de la Commission européenne», a annoncé hier sur Twitter Jean-Claude Juncker qui brigue le poste. Le Parti socialiste européen (PSE) vient en deuxième position avec 193 sièges. Le bloc eurosceptique, qui ne constitue pas de groupe, représenterait dans son ensemble 129 élus.
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