Les obligations indexées sont pénalisées par la baisse des prix du baril
La France a emprunté hier 7,988 milliards d’euros à des taux d’intérêt en baisse sur les marchés via une adjudication à moyen terme. Le Trésor prévoyait de lever entre 7 et 8 milliards d’euros. Paris a aussi placé avec succès par la même occasion pour 1,2 milliard d’euros d’obligations indexées sur l’inflation française (OATi) et sur l’inflation de la zone euro (OATei). Soit le haut de la fourchette visée sur ces instruments plutôt chahutés ces dernières semaines. Dans le détail, l’AFT a placé pour 300 millions d’OATi à échéance 2019 à un taux moyen de -0,56% contre -0,66% lors de la dernière opération comparable le 21 mars. Le Trésor a également émis pour 892 millions d’euros d’OATei à échéance 2018 et 2024 à des taux de -0,64% et 0,32%.
«En Europe, les obligations indexées sur l’inflation ont sous-performé ces derniers mois dans un environnement défavorable. Cela est lié tout d’abord à la baisse du prix du pétrole, et à la baisse des rendements obligataires nominaux», explique René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis. L’inflation a continué de ralentir en avril. Les prix à la consommation dans la zone euro ont baissé de 0,1% en avril, ramenant l’inflation en rythme annuel à 1,2%, contre 1,7% le mois précédent, selon Eurostat.
«Les produits obligataires indexés sont aussi pénalisés par un déficit de liquidité, qui est structurel, mais qui a été amplifié avec la crise financière. En France, les obligations indexées sur l’inflation française, qui avaient profité des relèvements de plafond des livrets réglementés, perdent de leur attrait avec la normalisation des collectes nettes du Livret A et du LDD»,ajoute René Defossez.
Les facteurs techniques comme les relèvements de plafond des livrets réglementés jouent un rôle important dans le comportement des OAT indexées sur l’inflation française, car la formule qui permet de calculer le taux de ces livrets tient compte de l’inflation. Les banques doivent donc couvrir ce risque. L’écart entre les points morts des OAT indexées sur l’inflation française et ceux des OAT indexées sur l’inflation européenne s’est sensiblement réduit depuis le début de l’année.
De la même manière, l’écart entre les swaps à 10 ans indexés sur l’inflation française et ceux indexés sur l’inflation européenne s’est contracté de 36 points de base (pb)à 18 pb depuis la fin de l’année dernière.
Plus d'articles du même thème
-
Oracle signe un trimestre record mais la facture de l'IA inquiète
Le spécialiste des logiciels a publié des résultats supérieurs aux attentes mais l'ampleur de ses dépenses dans l'intelligence artificielle inquiète les investisseurs qui sanctionnent l'action. -
DWS va créer un hub à Madrid pour soutenir sa stratégie d'automatisation et d'IA
DWS, le gestionnaire d’actifs de la Deutsche Bank basé à Francfort, crée un hub dédié aux technologies et aux opérations à Madrid afin d’accélérer l’adoption de l’automatisation et de l’IA au sein de son organisation, rapporte Financial News. -
L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Une consultation sur l’éligibilité de certains actifs a été lancée. L’autorité pourrait faire évoluer sa lecture stricte des règles européennes. -
Eurosif consolide sa présence nordique en accueillant le forum danois Dansif
Le forum européen de l’investissement durable est désormais présent dans 13 pays et travaille avec plus de 400 organisations européennes partenaires issues de l’industrie de l’investissement durable. -
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
Le groupe américain s’est associé au cabinet de recherche SemiAnalysis pour assurer le développement continu de l’indice. -
Un hedge fund reçoit l’agrément de société de gestion de l’AMF
Des anciens traders de BNP Paribas sont à l'origine de la création de cette nouvelle entreprise.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Carton rougeLa Coupe du monde de football, vitrine de l’attractivité déclinante des Etats-Unis
Les conditions d’accueil des supporters étrangers, la politique tarifaire pratiquée par la FIFA et le coût des transports pourraient freiner les retombées commerciales de la compétition sportive -
TargetUkraine : « Aucun signe ne laisse penser que Poutine a changé ses objectifs »
« La Russie est en difficulté » mais il est trop tôt pour dire si la guerre est arrivée à un tournant, selon le ministre estonien des Affaires étrangères -
« J'aime l'inflation » : en pleine flambée des prix, Donald Trump refuse de s'alarmer
Alors que l'inflation américaine a bondi à 4,2 % en mai sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient, Donald Trump a salué, mercredi 10 juin, des chiffres « supers » et déclaré aimer l'inflation. De quoi alimenter un peu plus les critiques de l'opposition à quelques mois des élections de mi-mandat