Les obligations indexées ont encaissé un mouvement de correction sévère
La baisse des prix du pétrole dans un contexte global déjà largement désinflationniste a mis à mal l’univers des obligations indexées en zone euro. Le point mort d’inflation du Bund allemand à 10 ans indexé sur l’inflation européenne (Bund€i) a été divisé par plus de deux pour tomber à un plus bas de 0,59% la semaine dernière, avant de remonter légèrement à 0,65% hier. Il se situe désormais au niveau le plus faible par rapport aux obligations indexées des autres grands émetteurs souverains, tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suède et même le Japon.
«L’année 2014 aura été un cauchemar pour les obligations indexées sur l’inflation de la zone euro en particulier. Celles-ci ont souffert à la fois des craintes d’une «japonisation» de la zone et de facteurs génériques, comme la baisse du prix des matières premières, du pétrole en particulier», explique ainsi Natixis.
Le marché a certes connu un léger retournement de la performance en termes absolus avec un rendement du Bund€i qui a changé de signe en passant de +0,4 % à -0,4 % entre janvier et décembre 2014, le prix de l’obligation DBRI 0,1% 2023 passant de 97,5 à 103,9. En termes relatifs, les obligations indexées ont néanmoins largement sous-performé dans un marché où le rendement du Bund 10 ans a chuté à un nouveau plus bas historique de 0,42% hier. Sur la partie courte, les points morts sont même passés en territoire négatif depuis novembre et décembre derniers, alors que le taux d’inflation au sein de la zone euro est désormais passé en territoire négatif, à -0.2 % en décembre. Les points morts ont ainsi chuté de 130 pb depuis trois mois à -1,23% sur la partie 2 ans et de 61 pb à -0,21% sur le 5 ans, le marché anticipant désormais un long épisode déflationniste.
Pourtant, «l’inflation de la zone euro restera probablement négative jusqu’en avril, puis se redressera progressivement», selon Natixis. Dans ce contexte, le mouvement de correction peut paraître excessif, ce qui conduit plusieurs sociétés à revenir sur le marché des obligations indexées. «Le seul argument que l’on pourrait évoquer pour justifier une poursuite de la baisse des points morts en zone euro serait la «japonisation» de l’Union européenne. Mais ce scénario n’est pas le plus probable. Et même en cas de déflation, un point mort 10 ans à 0,6% paraît extrêmement bas, si l’on se réfère en tout cas à l’exemple japonais, avant la crise financière», explique ainsi Natixis.
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