Les obligations des groupes espagnols souffrent de l’inquiétude sur le souverain
Les grands émetteurs obligataires espagnols font à leur tour les frais de la crise du secteur bancaire du pays. En l’espace de quelques semaines, leurs rendements se sont tendus de 50 à 150 points de base en raison de flux vendeurs «constants», d’après les stratégistes crédit de Société Générale CIB. La dégradation de la note de l’Etat espagnol par Moody’s la semaine dernière appuie cette tendance. L’agence de notation a abaissé la note de A3 à Baa3 en raison notamment de l’impact du soutien aux banques et du ralentissement économique sur les finances publiques. Maintenant que le pays a officiellement demandé de l’aide, Moody’s devrait très prochainement dégrader l’Espagne dans la catégorie high yield.
Si une autre agence de notation prend une décision similaire, les conséquences sur les corporates espagnols seraient lourdes. Ceux-ci pourraient à leur tour sortir de la catégorie investment grade, et, par conséquent, être exclus des indices qui servent de références aux gérants. Les flux vendeurs liés à une sortie des indices déstabiliseraient un peu plus les titres, compte tenu du poids des émetteurs espagnols. Ils représentent près de 7% de l’indice iBoxx investment sur les non financières et 2,6% de l’indice iBoxx high yield sur les non financières.
Les corporates espagnols sont toutefois encore éloignés de quelques crans d’une dégradation dans la catégorie haut rendement. Les grands groupes tels que Telefonica, Iberdrola ou Repsol sont notés entre BBB ou BBB+. De plus, «le lien entre les notes des souverains et celles des émetteurs privés est devenu moins clair récemment», observent les spécialistes de SG CIB. Quelques jours avant la dégradation de l’Espagne, Moody’s a néanmoins abaissé la note de Telefonica, le pays restant le principal marché de l’opérateur télécom.
Si l’on s’en tient uniquement aux actions des agences de notation, la situation ne semble donc pas trop préoccupante dans l’immédiat. «Les corporates espagnols ne tomberont pas d’un coup dans la catégorie high yield», rappellent les spécialistes de SG CIB. Mais les investisseurs anticipent dès à présent ce risque pour éviter de le subir. «Nous comprenons tout à fait le comportement des investisseurs compte tenu de la grave baisse des prix que nous avions observée lorsque les meilleurs émetteurs portugais ont été dégradés», ajoutent-ils.
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