Les marchés transfèrent leurs craintes sur le Portugal

Même si le pays s’en sort jusqu’ici mieux que l’Irlande et la Grèce, les investisseurs doutent de sa capacité à respecter son plan d’austérité
Violaine Le Gall

Alors que le sauvetage de l’Irlande commence à se dessiner, les économistes se demandent déjà quel pays européen sera le prochain à demander l’aide des institutions internationales. Le Portugal est en première place. En témoignent les CDS à cinq ans, qui se sont écartés hier de 21 points de base, à 438 pb.

Le rendement de la dette souveraine à dix ans s’élève en effet à 6,5%, ce qui rend le financement du pays particulièrement coûteux. La situation pourrait donc s’aggraver au premier semestre 2011 lorsque le Portugal devra refinancer près de 20 milliards d’euros de dettes. Par ailleurs, le gouvernement s’est engagé dans une politique d’austérité mais les objectifs qu’il s’est fixés risquent d’être difficiles à atteindre. Le déficit budgétaire devrait passer de 7,3% cette année à 4,6% en 2011 alors que la croissance s’annonce particulièrement faible. Le produit intérieur brut pourrait même reculer de plus de 1% d’après les économistes de BNP Paribas alors que le gouvernement table sur une progression de 0,2%.

Le cas portugais paraît pourtant moins préoccupant que les cas irlandais et grec. La dette publique représente 82% du PIB au Portugal alors qu’elle atteint 100% et 134% respectivement dans les deux autres pays. Le Portugal a aussi entamé plusieurs réformes, notamment celle de son système de sécurité sociale. «Même s’il n’est pas immédiat, l’impact de ces réformes se fera sentir à l’avenir, ce qui réduira significativement la charge liée à une évolution démographique défavorable sur les finances publiques», avance Luigi Speranza, économiste chez BNP Paribas.

A court terme, les stratégistes s’attendent à une détente des rendements sur la dette périphérique suite au règlement de la crise irlandaise. «Les obligations sur les maturités courtes pourraient afficher une solide performance cette semaine», estime le bureau d’études Creditsights, rappelant que le secteur privé ne sera pas mis à contribution dans les sauvetages jusqu’à mi-2013.

Toutefois, «l’annonce sur l’Irlande ne change rien au fait que le Portugal et l’Espagne ont tous les deux des déficits budgétaires élevés, des secteurs privés très endettés et des faibles perspectives économiques, ajoute Creditsights. Il est donc difficile de comprendre pourquoi le fait que l’Irlande demande de l’aide au FMI changera la façon dont les investisseurs considèrent les dettes espagnoles et portugaises».

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