Les marchés isolent le risque grec du reste de la zone euro

Depuis début décembre, le spread grec contre Bund allemand à 10 ans s’est tendu de 320 pb, contre une hausse limitée de 15 pb au Portugal
Patrick Aussannaire

Le risque politique grec ne s’est pas encore propagé au reste de l’Europe. Malgré l’inclusion des titres grecs dans le programme de rachats de la BCE (QE), la mise en place du nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras, avec notamment comme ministre des Finances l’économiste Yanis Varoufakis, farouche partisan de la fin des mesures d’austérité, a entraîné une tension du rendement des obligations à 10 ans de 90 pb à plus de 10% hier et fait plonger le marché actions de plus de 9%.

Le nouveau gouvernement a jeté un froid en annonçant un gel des privatisations, ainsi qu’un fort relèvement du salaire minimum, alors que les négociations s’annoncent tendues avec la Troïka. Le risque d’une sortie de la zone euro n’est pas écarté, mais «tout le monde y perdrait», estime SG CIB.

«A court terme, le marché croit plutôt en une extension du ‘bail out’ au-delà de fin février, ce qui permettrait à la BCE de continuer à financer les banques grecques qui souffrent de retraits constants de dépôts», estime Natixis. Les bancaires grecques se sont d’ailleurs effondrées (-22%) hier. Elles auraient perdu 2% de leur base de dépôt depuis décembre.

L’arrivée à maturité en juillet et août d’obligations d’Etat grecques détenues par la BCE l’autorisera à ramener son taux de détention de 33,8% actuellement, à 27,8% en août. Un niveau inférieur à la limite de 33% par pays fixée dans le cadre de son QE, qui lui permettra ainsi de racheter 3,2 milliards d’euros de titres grecs à partir du 21 août, soit 900 millions par mois, selon Morgan Stanley. Un soutien qui est néanmoins conditionné au respect des engagements du pays vis-à-vis de ses créanciers.

«Les marchés obligataires voient la Grèce comme un cas isolé. Il semble que le QE de la BCE ait ainsi réussi à isoler ce risque», ajoute RBS. Si le spread grec contre Bund allemand à 10 ans s’est tendu de 320 pb à 946 pb depuis décembre, la hausse du spread portugais a été limitée à 15 pb, alors que ceux de l’Espagne et de l’Italie sont restés stables.

Contrairement à la Grèce, l’élection présidentielle qui se tient aujourd’hui en Italie comporte un risque politique limité, alors que l’Espagne sera le principal bénéficiaire du QE de la BCE, selon SG CIB. Le gouvernement portugais a quant à lui indiqué qu’il compte rembourser par anticipation ses emprunts contractés auprès du FMI, après avoir déjà levé près de la moitié de ses besoins annuels de financement avec son émission syndiquée réussie à 10 et 30 ans de 5,5 milliards d’euros.

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