Les marchés isolent le risque grec du reste de la zone euro
Le risque politique grec ne s’est pas encore propagé au reste de l’Europe. Malgré l’inclusion des titres grecs dans le programme de rachats de la BCE (QE), la mise en place du nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras, avec notamment comme ministre des Finances l’économiste Yanis Varoufakis, farouche partisan de la fin des mesures d’austérité, a entraîné une tension du rendement des obligations à 10 ans de 90 pb à plus de 10% hier et fait plonger le marché actions de plus de 9%.
Le nouveau gouvernement a jeté un froid en annonçant un gel des privatisations, ainsi qu’un fort relèvement du salaire minimum, alors que les négociations s’annoncent tendues avec la Troïka. Le risque d’une sortie de la zone euro n’est pas écarté, mais «tout le monde y perdrait», estime SG CIB.
«A court terme, le marché croit plutôt en une extension du ‘bail out’ au-delà de fin février, ce qui permettrait à la BCE de continuer à financer les banques grecques qui souffrent de retraits constants de dépôts», estime Natixis. Les bancaires grecques se sont d’ailleurs effondrées (-22%) hier. Elles auraient perdu 2% de leur base de dépôt depuis décembre.
L’arrivée à maturité en juillet et août d’obligations d’Etat grecques détenues par la BCE l’autorisera à ramener son taux de détention de 33,8% actuellement, à 27,8% en août. Un niveau inférieur à la limite de 33% par pays fixée dans le cadre de son QE, qui lui permettra ainsi de racheter 3,2 milliards d’euros de titres grecs à partir du 21 août, soit 900 millions par mois, selon Morgan Stanley. Un soutien qui est néanmoins conditionné au respect des engagements du pays vis-à-vis de ses créanciers.
«Les marchés obligataires voient la Grèce comme un cas isolé. Il semble que le QE de la BCE ait ainsi réussi à isoler ce risque», ajoute RBS. Si le spread grec contre Bund allemand à 10 ans s’est tendu de 320 pb à 946 pb depuis décembre, la hausse du spread portugais a été limitée à 15 pb, alors que ceux de l’Espagne et de l’Italie sont restés stables.
Contrairement à la Grèce, l’élection présidentielle qui se tient aujourd’hui en Italie comporte un risque politique limité, alors que l’Espagne sera le principal bénéficiaire du QE de la BCE, selon SG CIB. Le gouvernement portugais a quant à lui indiqué qu’il compte rembourser par anticipation ses emprunts contractés auprès du FMI, après avoir déjà levé près de la moitié de ses besoins annuels de financement avec son émission syndiquée réussie à 10 et 30 ans de 5,5 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché. -
Safran renforce sa présence dans l’industrie allemande de la défense
Le groupe français va investir 50 millions d’euros dans une nouvelle usine de fabrication d’équipements électroniques à Ludwigsburg, près de Stuttgart. -
Carmignac recrute Frédéric Jeanmaire pour muscler sa gestion actions
Le gestionnaire indépendant renforce sa présence à Londres et prépare un nouveau fonds européen. -
La Banque d’Indonésie relève ses taux pour défendre la roupie et sa crédibilité
Cette décision inattendue est plutôt bien perçue, car elle renforce l’image volontariste de la banque centrale qui pourrait choisir de poursuivre cette politique restrictive. Toutefois, cette seule mesure peut s'avérer insuffisante pour stabiliser durablement la devise.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
- Amundi compte une nouvelle administratrice indépendante
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui