Les marchés émergents sont à la merci de l’influence croissante des gérants
Turbulences en vue sur les marchés émergents? Dans son dernier rapport trimestriel, publié dimanche, la Banque des règlements internationaux (BRI) se penche sur l’un de ses thèmes favoris: le risque de déstabilisation de ces marchés parfois étroits et peu liquides, comme l’avaient montré en mai 2013 les annonces de la Fed sur une prochaine diminution (tapering) de son programme d’achat d’actifs.
Un risque renforcé aujourd’hui par l’influence croissante qu’exercent les grands gestionnaires d’actifs.
De 900 milliards de dollars en octobre 2007, les fonds strictement dédiés aux marchés émergents sont passés à 1.400 milliards fin mai 2014, selon les statistiques d’EPFR, rappelle l’institution internationale. Les fonds obligataires, en particulier, ont quadruplé sur la période à 340 milliards de dollars, alors que les rendements ne cessent de baisser dans les marchés développés. Il faut y ajouter la part dédiée aux émergents dans les fonds et ETF mondiaux. Par ailleurs, souligne la BRI, le poids des grands gérants mondiaux ne cesse de s’alourdir, avec 28.000 milliards de dollars sous gestion pour les vingt premiers d’entre eux.
«Certaines caractéristiques du secteur de la gestion d’actifs, telles que l’utilisation des mêmes indices de référence et la mesure de la performance relative, peuvent induire une corrélation des schémas d’investissement, à même de favoriser un comportement unidirectionnel des marchés et d’accentuer les fluctuations de prix», estiment les experts de la BRI, qui ont analysé un échantillon de fonds. Les benchmarks émergents, tels que ceux de JPMorgan ou Barclays, sont moins nombreux que les indices de marchés développés, et se recouvrent largement.
Les investisseurs finaux, surtout les particuliers, ont en outre tendance à tous acheter ou vendre au même moment. Ce comportement moutonnier est moins vrai chez les institutionnels. Enfin, les flux entrants ont un caractère procyclique, puisqu’ils augmentent le prix des actifs locaux et de la devise, et donc l’attrait de ces marchés, en cas de collecte.
«De fait, il semble que, ces deux dernières années, les flux d’investissement à destination des gestionnaires d’actifs et les variations de prix des actifs sur les marchés émergents se soient mutuellement renforcés», constate la BRI. La réciproque serait vraie si, comme en 2013, quelqu’un déclenchait le signal des retraits.
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays. -
Nomura AM International crée le poste de directeur des investissements
Il revient à Andrew Goldberg qui a passé plus de vingt ans chez JP Morgan, où il a créé le Guide des marchés et dirigé des initiatives sur les actifs alternatifs.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Pierre Gagnaire au-delà des étoiles
Malgré un agenda très chargé, Pierre Gagnaire, pose ses valises trois à quatre fois par an à Nîmes. Rencontre à l'Imperator, avec ce chef triplement étoilé, fraîchement couronné du Prix Mentor 2026 par le Guide Michelin. Il incarne bien au-delà des distinctions, un art de transmettre qui n'appartient qu'à lui. -
Agacé, Trump charge une nouvelle fois Merz
Donald Trump serait furieux des propos émis par le chancelier allemand. Ce dernier a estimé que « les Américains (n’avaient) visiblement aucune stratégie » en Iran. En réaction, Donald Trump lui a recommandé de « redresser son pays en ruine, notamment en matière d'immigration et d'énergie » -
Troisième acteFête du Travail : et si on parlait enfin du travail après 60 ans ? – par Emmanuel Grimaud
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle