«Les liquidités supplémentaires devraient soutenir les marchés financiers»
Philippe Weber, responsable des études et de la stratégie chez CPR AM
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Solenn Poullennec
- L’Agefi : Dans quelle mesure les annonces de Mario Draghi permettront-elles de contrer la faiblesse de l’inflation ?
- Philippe Weber : Elles peuvent d’abord jouer sur les anticipations d’inflation, en convainquant les agents de la détermination de la BCE. Plus concrètement, la baisse, légère mais symbolique, des taux, le renforcement du guidage prospectif (forward guidance) qui reporte encore toute perspective de resserrement monétaire et enfin l’accroissement de la base monétaire qui résultera de l’arrêt de la stérilisation du programme d’achat de dette SMP puis des opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO) - ces facteurs devraient faire baisser l’euro, ou en tout cas l’empêcher de s’apprécier : cela jouera également sur l’inflation via les produits importés. Enfin, la nouvelle impulsion monétaire devrait, notamment si le crédit au secteur privé redémarre grâce au TLTRO, contribuer à accélérer la croissance, ce qui, en soi, serait un facteur de remontée de l’inflation. Il faudra du temps et c’est une des raisons pour lesquelles la BCE est attentive aux anticipations.
- Quelles seront les conséquences de ces annonces pour le marché de la dette souveraine en Europe ?
- L’effet ne sera pas direct, comme il l’aurait été si la BCE avait acheté des titres d’Etat – décision qu’elle ne prendra qu’en dernier ressort. Les liquidités supplémentaires devraient soutenir tous les marchés financiers, donc notamment le marché obligataire. Surtout, là encore, l’effet attendu sur l’activité, même s’il ne sera pas immédiat, devrait rassurer sur la capacité des pays, notamment des pays dits «périphériques» non seulement à faire face à leurs obligations - là il n’y a guère de doute - mais à amorcer une décrue sensible du ratio d’endettement.
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