Les licornes n’enchantent pas la Bourse
Les derniers à s’assoir autour de la table ne sont pas les mieux servis. Les investisseurs qui ont souscrit en juin 2017 à la dernière levée de fonds de Pinterest le constatent amèrement. Le moteur de recherche d’images sur internet prévoit d’entrer à la Bourse de New York à une valeur inférieure à celle de son dernier tour de table.
En juin 2017, Pinterest valait 12,2 milliards de dollars. Sur la base de la fourchette de prix dévoilée hier, le site ne vaut plus que 9 milliards. 3 milliards se sont ainsi envolés en moins de 2 ans.
Les pertes de Pinterest n’expliquent pas cet écart de prix. Wall Street a déjà montré sa capacité à accueillir des sociétés déficitaires.
Cet écart de valorisation illustre surtout la lassitude des Bourses vis-à-vis de dossiers dont la valeur a été accaparée, et gonflée artificiellement diront certains, par une multitude de tours de financement sur les marchés privés. Avant son entrée en Bourse, le capital de Pinterest a évolué 15 fois. Et la société a connu 7 injections de capitaux pour un montant total de 1,5 milliard de dollars.
Le mois dernier, l’introduction en Bourse de Lyft, le concurrent américain d’Uber, montrait déjà ces signes de fatigue. L’application a suscité une vive demande mais, depuis, son cours de Bourse plafonne au niveau du prix de l’IPO.
Dans ce contexte, la prochaine introduction en Bourse d’Uber fera office de test ultime pour les capacités de séduction des licornes américaines. La société de VTC a fait 22 tours de financement depuis sa création, dont un dernier en 2018 la valorisant 72 milliards de dollars.
Les fonds de capital-risque entrés en début de processus s’y retrouveront. Mais ceux qui sont montés en cours de route, souvent des institutionnels ou des industriels, risquent de devoir patienter avant de pouvoir en descendre dans de bonnes conditions.
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