Les investisseurs jouent la prudence sur le marché américain des actions
Une enquête du Boston Consulting Group montre qu’un nombre croissant d’investisseurs considèrent que le niveau de valorisation a atteint un point haut
Publié le
Patrick Aussannaire
Dans une enquête réalisée auprès de 130 investisseurs dans le monde gérant au total plus de 1.000 milliards de dollars d’actifs, le Boston Consulting Group (BCG) souligne qu’une partie croissante d’entre eux estime que le niveau actuel des valorisations du marché actions «a atteint une limite haute». Les investisseurs interrogés, dont environ 75% suivent l’indice S&P 500, estiment le niveau moyen du rendement des actionnaires cette année à seulement 6,5%. Dans le même temps, ils tablent sur une croissance des bénéfices de 5%, et une contribution des dividendes et rachats d’actions de 3,4 points supplémentaires.
Ceci implique une compression anticipée des multiples de valorisation de 1,9 point. De quoi «renforcer la conviction que les valorisations sont proches de leur sommet», estime l'étude. Le ratio cours sur bénéfice (PER) du S&P 500 a progressé de plus de 5 points depuis septembre 2011 pour atteindre 17,29 hier, soit son plus haut niveau depuis avril 2010, selon les données Bloomberg. Un niveau supérieur d’environ 1,5 point à sa moyenne constatée depuis début 2007 (15,7), mais inférieur de plus de deux points à sa moyenne depuis 1990 (19,6), qui inclut la bulle internet.
L’indice américain est resté à peu près stable depuis le début de l’année, après des hausses de 13% et 29% en 2012 et 2013. Et ceci alors que 93 entreprises sur 111 appartenant au S&P 500 ont révisé à la baisse leurs prévisions de bénéfices au premier trimestre de l’année avec une performance moyenne de 0,2% des actions entre les deux jours précédant et suivant l’annonce de cette révision, selon les données FactSet. Il s’agit du pire chiffre depuis 2006, après celui du quatrième trimestre 2013, qui ont tous deux été pénalisés par l’hiver extrême aux Etats-Unis.
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