Les investisseurs institutionnels deviennent méfiants sur les commissions de surperformance
Le moyen le plus sûr d’obtenir une baisse des commissions de gestion reste l’appel d’offres. C’est en tout cas ce que confirme la troisième étude annuelle de bfinance, réalisée à partir de 50 processus menés par le cabinet de conseil en services financiers. Ce dernier a analysé 1.200 réponses provenant de 350 sociétés de gestion. «Les frais payés par les investisseurs institutionnels à l’issue d’un appel d’offres en sélection de gérant ressortent significativement inférieurs aux niveaux exigés en première cotation par les sociétés de gestion», confirment les rédacteurs de l’étude.
Celle-ci compare deux solutions face aux prétentions des gérants: concentrer le nombre de mandats et mettre en concurrence les professionnels à travers des procédures ouvertes et transparentes. Pour un portefeuille représentatif d’un milliard de livres sterling, le donneur d’ordre obtient une réduction moyenne de la commission de 5,7% en utilisant la première méthode, contre 26,7% grâce à la seconde.
Bien entendu, les commissions varient selon le type de mandat et son montant. En cas d’appel d’offres pour les mandats de gestion active sur les actions des pays émergents, les réductions sont comprises entre 15 et 30 points de base (pb) pour deux mandats de 25 millions de livres – pour une commission finale de 0,72% en moyenne. En revanche, les portefeuilles de souverains, de crédits d’entreprises les mieux notées, d’obligations à haut rendement d’entreprises américaines ou d’obligations convertibles laissent peu d’espoir de rabais (entre 3 et 7 pb).
En revanche, «les gérants proposent volontiers aux investisseurs un système de rémunérations différent reposant sur la performance pour certaines classes d’actifs bien identifiées», notent les auteurs de l’étude. Elles impliquent des stratégies de gestion active. Cela dit, «il est bien difficile pour les investisseurs d’évaluer ces propositions», soulignent-ils. Les investisseurs ont cependant tiré les leçons de la volatilité des marchés actions depuis 2007 et s’attachent à fixer des plafonds aux frais lorsqu’ils sont liés à la performance. Une méfiance d’autant mieux venue que les gérants ont tendance à... sous-estimer leur capacité à générer de la surperformance. Ainsi, «aucune structure ne requiert de battre l’indice de référence de plus de 2 points», s’étonne bfinance, alors qu’un quart des mécanismes se déclenchent pour une surperformance inférieure à un point.
Plus d'articles du même thème
-
La suspension des derniers modèles d'Anthropic illustre les faiblesses de l'Europe
Le gouvernement américain a ordonné à Anthropic, vendredi, de suspendre immédiatement l’accès à ses modèles d’IA Fable 5 et Mythos 5 pour tous les utilisateurs étrangers. Le modèle d’IA devient un actif stratégique pour Washington, au même titre que les puces et les infrastructures. -
Dassault Systèmes place pour un milliard d'euros d'obligations
L'éditeur de logiciels a également annoncé le refinancement de sa ligne de crédit renouvelable, pour un montant total de 750 millions d'euros, arrivant à échéance en octobre 2026. -
Les banques françaises et étrangères ont un fort appétit en termes de financement
Pour se financer, les entreprises doivent profiter de l'importante liquidité des banques françaises et étrangères tout autant que du marché obligataire jugé très "attractif", par le cabinet de financement Redbridge dans son point sur les tendances des marchés de dette corporate. -
L'euro face au paradoxe des taux
Comme chaque semaine, retrouvez l'analyse de DeftHedge sur le marché des changes. -
EXCLUSIFJean Baptiste Brian (Hg) : «Notre budget interne dédié à l'IA est proche de 100 millions d'euros»
Le co-CEO du gérant de private equity spécialisé dans la tech et les logiciels livre en exclusivité à l'Agefi sa feuille de route sur l'intelligence artificielle ainsi que sa vision sur le marché des sorties et le segment du wealth. -
Renault et Thales présentent 4 Troop, un véhicule tactique destiné aux forces militaires terrestres
Les deux groupes français ont dévoilé ce projet conjoint alors que les constructeurs automobiles s'intéressent de plus en plus au secteur de la défense.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
TribunePourquoi Jean-Luc Mélenchon est l’antithèse de Jean Moulin
Pour le politiste, il y a « quelque chose d’obscène » à voir l'insoumis agiter le drapeau de l’« antifascisme », en faisant croire à une jeunesse authentiquement anti-RN qu’il s’inscrit dans la lignée des grands résistants. Une posture qui servirait, selon lui, à « couvrir une complicité bien établie avec le régime poutinien » -
Identités« Eux et nous », dépasser le manichéisme
Cette façon de poser le débat est caractéristique du populisme qui désigne des « ennemis du peuple », un peuple qu’il prétend représenter, un peuple pur, qui serait totalement homogène, qu’ils opposent aux élites qui l’ont trahi -
IA : l’UE préoccupée par les restrictions américaines sur les modèles d’Anthropic
La décision américaine d’imposer des restrictions à l’exportation sur les modèles d’IA les plus avancés d’Anthropic suscite les inquiétudes de la Commission européenne, qui redoute leurs conséquences pour les utilisateurs européens