Les interventions du MES restent un sujet de débat en zone euro
Une fois n’est pas coutume, l’effet positif lié aux annonces du sommet européen des 28 et 29 juin s’est poursuivi hier pour la deuxième séance consécutive, avec une détente des rendements et une hausse des marchés actions. Mais ce mini-rally commençait déjà à s’estomper hier soir: les taux espagnols à 10 ans ont fini par se tendre de 5 points de base à 6,30% après être descendus jusqu’à 6,11% dans la matinée. Les investisseurs pourraient être tentés de maintenir la pression d’ici à l’adjudication de 2 à 3 milliards d’euros de Bonos à 3 ans, 4 ans et 10 ans prévue ce jeudi, pour obtenir des concessions sur les prix. Sur les taux à 2 ans, en revanche, la détente de vendredi s’est poursuivie.
Les déclarations de la Finlande et des Pays-Bas, hier, soulignent toutefois les zones d’ombre de l’accord trouvé la semaine dernière. Elles tiennent notamment à la gouvernance du Mécanisme européen de stabilité (MES). Le sommet a ouvert la porte à des interventions sur le marché de la dette souveraine, déjà prévues par les articles 17 et 18 du traité existant. Mais hier, dans un rapport au parlement, le gouvernement finlandais a indiqué qu’il s’opposerait, avec les Pays-Bas, à des rachats du MES sur le marché secondaire.
La décision d’intervenir requiert l’unanimité des bailleurs de fonds du pare-feu européen. Mais une procédure dérogatoire d’urgence est prévue, à une majorité de 85%. Les Pays-Bas (5,7% du capital et des droits de vote) et la Finlande (1,8%) ne pourraient pas bloquer un vote.
Ces réticences finlandaises et néerlandaises pourraient paradoxalement satisfaire les investisseurs. Le sommet ayant promis une intervention «efficace», certains économistes estiment que l’objectif serait atteint par des rachats sur le marché de la dette primaire et non sur le secondaire. «Le sujet est de permettre aux souverains de se financer, pas d’offrir une sortie à bon compte à ceux qui ont fait des erreurs», souligne Paul Mortimer-Lee, chef économiste chez BNP Paribas. Il faut aussi gérer les ressources limitées du MES: d’ici à octobre, il disposera d’une force de frappe de 200 milliards d’euros, la moitié devrait être consommée par l’aide aux banques espagnoles.
Un porte-parole de la Commission européenne a par ailleurs indiqué que les décisions du sommet n’entraîneraient pas de modification du traité instituant le MES. Une réponse aux doutes soulevés par certains experts aux Pays-Bas.
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