Les hedge funds auraient rapporté 1.500 milliards de dollars en dix ans
Une étude diligentée par le secteur remet en cause les critiques sur la médiocrité de leurs performances et leur politique de frais.
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Antoine Landrot
Dans la polémique lancée par certains investisseurs institutionnels sur les performances et les coûts réels des hedge funds, ces derniers peuvent prétendre à un argument supplémentaire concocté par leur association professionnelle, l’AIMA (Alternative Investment Management Association).
Celle-ci vient de publier une étude élaborée avec le concours de l’association des analystes agréés en investissements alternatifs (CAIA), dans laquelle elle estime que les hedge funds ont fait gagner au total 1.500 milliards de dollars aux investisseurs entre 2004 et 2014, nets de frais. Ces gains incluent «la perte de 306 milliards de dollars accusée en 2008 [année de la faillite de Lehman Brothers], qui fut de loin la pire année pour le secteur», indique l’étude. La perte enregistrée en 2008 «n’a effacé ‘que’ 18 mois de performances. Au cours de la période 2006-2008, les fonds arbitragistes ont malgré tout restitué 136 milliards de dollars nets aux investisseurs», ajoutent ses rédacteurs.
Si le sujet de la rémunération des gérants de hedge funds – en moyenne 2% des encours gérés comme frais de gestion et un intéressement de 20% de la plus-value – émerge périodiquement, il est devenu plus récurrent depuis un an, les fonds affichant des performances décevantes. Par exemple, l’indice global Lyxor Hedge Fund a reculé de 0,2% en 2014, alors que l’indice boursier S&P 500 grimpait de 12,6% à la même période.
La grogne de certains investisseurs s’est manifestée avec acuité au second semestre: le californien Calpers et le néerlandais PFZW ont décidé de supprimer leur poche consacrée aux hedge funds, tandis qu’au Royaume-Uni, le Railways Pension Scheme veut réduire sensiblement son allocation. Aviva Investors a arrêté son activité dans cette classe d’actifs, sans s’étendre sur les raisons. Le milliardaire George Soros, lui-même ancien gérant de hedge funds, a jugé que les performances s’étaient normalisées ces dernières années en raison de conditions de marché «difficiles».
Il faut toutefois relativiser cette désaffection. Dans le contexte de faiblesse durable des taux d’intérêt, les investisseurs ont besoin d’une classe d’actifs aux perspectives de rendement supérieures. Ils ne s’y trompent d’ailleurs pas: selon Hedge Fund Research (HFR), le cabinet d'études américain spécialisé dans les fonds alternatifs, les hedge funds ont enregistré l’an dernier des entrées nettes de 76,4 milliards de dollars en 2014. Du jamais vu depuis 2007.
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