Les fonds souverains accélèrent leur désengagement des actions
Avec un prix du pétrole faible, ils pourraient retirer plus de 400 milliards de dollars des marchés actions en 2016.
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Bastien Bouchaud
Salle de marché du fonds souverain norvégien NBIM.
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Photo NBIM
Après plus d’une décennie d’expansion à marche forcée, les actifs des fonds souverains ont subi une première baisse en 2015, selon les données du Sovereign Wealth Funds Institute (SWFI). Et le mouvement pourrait s’accélérer si le prix du pétrole reste faible cette année. Les fonds souverains ayant vu la valeur de leurs actifs grimper de moins de 1.000 milliards de dollars en 2001 à plus de 7.000 milliards à fin 2015, la dynamique n’est pas anodine.
Etudiant les données des plus grands fonds souverains représentant 89% de la valeur totale des actifs, l’institut de recherche a décelé une première baisse des fonds investis dans les marchés actions l’an passé. Les sorties se sont élevées à plus de 210 milliards de dollars entre décembre 2014 et 2015, portant le montant total de cette allocation à 3.000 milliards de dollars. Alors que les fonds souverains tirant leurs ressources de rentes pétrolière ou gazière représentaient encore 56% de l’ensemble des fonds souverains en décembre dernier, ces sorties de capitaux sont une conséquence indirecte des faibles prix de l’énergie. Si le prix du pétrole devait demeurer inférieur à 40 dollars par baril, le SWFI estime que ces sorties devraient presque doubler à 404 milliards de dollars en 2016.
La taille imposante atteinte par ces fonds souverains et le peu de données qu’ils diffusent expliquent qu’ils aient été pointés du doigt lors de la baisse globale des marchés actions en début d’année. «Une bonne excuse» pour Elliot Hentov, de State Street Global Advisors, «les fonds souverains ne communiquent pas sur ce qu’ils font, ce sont donc de très bons bouc émissaires». Il rappelle que leur allocation actions ne représente que 4% de la capitalisation boursière globale et estime que leur poids est insuffisant pour infléchir le marché.
Leur influence demeure toutefois importante, en particulier pour les gestionnaires d’actifs qui se sont spécialisés dans les mandats de gestion issus de ces fonds. L’institut note ainsi que «State Street Global Advisors a subi des sorties de capitaux pour 151 milliards de dollars en 2015, une baisse supérieure à 8% de leurs actifs sous gestion». Certaines valeurs privilégiées par les fonds peuvent aussi être particulièrement sensibles à leurs mouvements. Le SWFI évoque ainsi Volkswagen, le London Stock Exchange ou Iberdrola, dont le fonds qatari possède environ 10% des actions.
Avec cette collecte et les performances de marché, les encours de la gestion d’actifs allemande s’élevaient à 5.199 milliards d’euros fin juin, selon les données de l’association locale des gestionnaires d’actifs BVI.
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