Les fonds européens alimentent le marché des obligations à haut rendement
Réouvert en 2009, le segment du crédit noté au mieux BB+ monte en puissance depuis. Le marché primaire est passé de 26,5 milliards d’euros en 2009 à 41,9 milliards en 2010, et, près de 21 milliards d’obligations high yield en euros ont déjà été placées depuis le début de l’année, d’après les données de Société Générale CIB. Côté offre, la désintermédiation croissante incite les émetteurs à venir tester le marché obligataire.
Côté demande, l’appétit des fonds collectifs pour la classe d’actifs est notable, comme le souligne l’agence de notation Fitch dans une étude récente. En 2010, les fonds européens spécialisés dans le high yield ont collecté 10 à 15 milliards d’euros, soit 25 à 30 % du volume de titres émis l’an dernier sur ce marché. «Les fonds collectifs ont une réelle influence sur les placements de ces titres», notamment sur le prix, soulignent les analystes de Fitch.
Le crédit dans son ensemble a, depuis 2009, fortement attiré les sociétés de gestion, à la recherche de rendement. Cette année-là, les fonds spécialisés dans les titres de la catégorie d’investissement ont capté 80% de la collecte de 67 milliards d’euros dans les véhicules de crédit. Puis, en 2010, les fonds high yield ont attiré 70% des flux entrants. Depuis le début de l’année, ils ont encore collecté 11 milliards d’euros.
En deux ans, les encours des fonds européens dédiés au crédit (toutes notations confondues) ont doublé, à 300 milliards d’euros en novembre 2010, d’après les données de Lipper FMI. Pour faire face à ces importantes collectes, les sociétés de gestion ont créé de nouveaux fonds. Un tiers des véhicules sur le crédit investment grade ont moins de trois ans, souligne l’agence de notation. Sur le high yield, 70% des fonds existent en revanche depuis plus de cinq ans. Au total, 800 fonds européens, gérant en moyenne 258 millions d’euros chacun, sont spécialisés sur le crédit. Alliance Bernstein et BlueBay Asset Management sont respectivement les premiers gérants européens sur le high yield et le crédit.
La montée en puissance de ces acteurs a des implications sur le marché du crédit. «Ils sont plus opportunistes que les investisseurs institutionnels et les compagnies d’assurance, investisseurs de long terme», observe Fitch. En clair, ils sont plus actifs, ce qui peut ajouter de la volatilité à court terme.
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