Les Etats-Unis lorgnent sur le cash de leurs grands groupes à l'étranger
Les bénéfices accumulés par les entreprises américaines dans leurs filiales étrangères pour échapper au fisc suscitent de plus en plus de convoitises. Selon les estimations, plus de 1.700 milliards de dollars dormiraient dans les comptes étrangers des grands groupes américains, comme Apple, Microsoft ou Amazon. L’administration Obama souhaiterait en rapatrier une partie sur le sol américain afin de contribuer à la relance économique du pays. La semaine dernière, le président américain a évoqué l’idée d’une mesure permettant de faire revenir ces sommes aux Etats-Unis sans qu’elles soient systématiquement taxées à 35%, comme c’est le cas actuellement, en plus de l’éventuel impôt sur les bénéfices acquitté dans le pays étranger.
L’idée n’est pas nouvelle. En 2004, l’administration Bush avait instauré une «vacance fiscale» d’un an. Selon l’IRS, le fisc américain, ce Homeland Investment Act avait permis à 800 entreprises américaines de rapatrier 362 milliards de dollars de bénéfices logés dans leurs filiales à l’étranger, dont 312 milliards qui entraient directement dans le cadre de l’exonération fiscale temporaire. Cela représentait à l'époque, selon IRS, un peu moins de la moitié des sommes conservées à l’étranger.
Toutefois, le débat reste entier sur l’intérêt de la mesure pour l’économie réelle américaine. Selon ses partisans, comme le think tank American Action Forum proche des Républicains, cela permettrait d’accroître de 440 milliards de dollars le produit national brut et de créer 3,5 millions d’emplois aux Etats-Unis. Mais pour ses détracteurs, ce rapatriement massif de cash profiterait majoritairement aux actionnaires, via un accroissement des dividendes, des rachats d’actions ou des fusions acquisitions. Sur ce point, les études diffèrent. Selon une analyse de 2009 du National Bureau of Economic Research, le rapatriement d’un dollar aux Etats-Unis irait à 92% dans la poche des actionnaires.
Le débat restera vif encore quelques mois alors que Démocrates et Républicains doivent se mettre d’accord d’ici à la fin de l’année sur une réforme plus large de la fiscalité des entreprises. Barack Obama a proposé de réduire le taux d’impôts sur les bénéfices de 35% à 28% et de réorienter une partie des sommes économisées par les entreprises vers des projets d’infrastructures.
Plus d'articles du même thème
-
Vallourec confirme prévoir de redistribuer 540 millions d'euros à ses actionnaires d'ici à la fin de 2026
Vallourec a bouclé le 30 juin dernier son programme de rachat d'actions initié le 8 janvier. -
Apple perd un recours décisif contre la Commission européenne
La plus haute juridiction européenne a notamment maintenu un régime de règles et de contrôles renforcés à l’App Store d’Apple et à son système d’exploitation dédié aux iPhone, iOS. -
UniCredit est aux portes des 50% chez Commerzbank
Le groupe italien a désormais obtenu 17,6% de sa cible allemande via son offre publique. Il devrait être en mesure d’en prendre le contrôle mais pas encore de mettre en œuvre une fusion complète. -
La cour d’appel estime à son tour que Bolloré ne contrôle pas Vivendi
Dans sa décision du 8 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a suivi la Cour de cassation en estimant que Vincent Bolloré et Bolloré SE ne contrôlaient pas Vivendi et n'avaient pas à lancer une offre de rachat des minoritaires. -
Le succès de sa stratégie small caps amène Andera à renforcer son équipe Expansion
Face à une demande telle que le plafond du véhicule a été relevé à deux reprises, Andera Partners boucle son quatrième fonds Expansion à 430 millions d'euros. Soucieux de ne pas changer de segment en termes de taille d'entreprise, le gérant prévoit de l'élargir progressivement aux marchés italien et espagnol. -
Amazon émet 25 milliards de dollars d’obligations avec une demande en retrait
Le géant du commerce en ligne et du cloud a lancé une nouvelle émission obligataire portant sur huit tranches à taux variable et fixe de 3 ans à 40 ans. Mais le succès n’a pas été aussi spectaculaire que lors de sa transaction précédente, avec un livre d’ordre couvrant l’offre d’un peu plus de 1,5 fois.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
La Sardaigne du nord au sud en 10 adresses coups de cœur
La Sardaigne ne laisse personne indifférent. Deuxième plus grande île de la mer Méditerranée, elle dévoile une incroyable diversité de paysages. Du nord au sud, chaque étape réserve son lot de surprises. Les amateurs de farniente, de sport, de plongée sous-marine, de gastronomie, d'histoire partagent tous l’amour de cette île d’exception. Nous avons sélectionné 10 adresses coup de cœur, qui vous emmènent à la découverte des incontournables. -
Hors budgetPourquoi la facture IA des entreprises explose
Certains grands groupes réduisent drastiquement l'usage des modèles les plus récents pour contenir leurs dépenses, sans perdre pour autant de terrain dans la course technologique -
AudaceLe coup de semonce de la Chine aux Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN
En procédant à un rare tir de missile balistique en mer de Chine méridionale, Pékin a adressé un message clair aux pays membres de l'Alliance atlantique