Les engagements hors bilan de l’Etat ont été multipliés par huit depuis 2006
Les engagements hors bilan de l’Etat, qui donnent une idée des risques financiers supportés par ce dernier, ont significativement augmenté au cours des dernières années. Ils avaient atteint quelque 3.100 milliards d’euros à la fin de l’année 2012, soit près de 150% du PIB, notamment sous le coup des garanties et engagements en capital de l’Etat vis-à-vis des fonds de secours européens.
Même s’il n’y a théoriquement pas de limite aux engagements hors bilan, il appartient aux pouvoirs publics «que leur niveau et leur évolution n’entament pas la crédibilité de la signature de l’Etat» a souligné Raoul Briet, président de la 1re chambre de la Cour des comptes, lors d’une audition devant la Commission des finances du Sénat hier. Ces engagements recouvrent pour la plus grande partie ceux liés à la retraite des fonctionnaires mais renvoient aussi aux garanties apportées par l’Etat à des tiers, pour les dépôts sur les livrets réglementés, pour l’assurance-crédit Coface, ou à des aides accordées par exemple dans le cadre de la politique de logement.
Ces engagements ont été presque multipliés par huit, depuis 2006, date à partir de laquelle ils ont été détaillés dans les documents budgétaires. Toutefois, «le gonflement de la masse ne signifie pas nécessairement un gonflement proportionnel du risque», fait remarquer Raoul Briet. L’augmentation des engagements s’explique pour une bonne partie par la baisse des taux et donc l’accroissement des engagements au titre des retraites. Des changements de normes comptables sont aussi intervenus sur la période.
Au-delà de ces évolutions, les engagements ont crû du fait de la garantie apportée par la France à Dexia ou de sa contribution aux fonds de secours européens. Julien Dubertret, directeur du budget a aussi expliqué qu’à l’heure où l’Etat resserre les cordons de sa bourse, il y a «une tentation permanente d’utiliser la garantie comme une alternative au crédit budgétaire», par exemple pour des partenariats publics-privés.
La Cour des comptes se félicite que, contrairement à la plupart des pays européens, la France ait fait la lumière sur ses engagements hors bilan - même si ceux de la Sécurité sociale ou des collectivités locales sont nettement moins identifiés. Les magistrats estiment cependant qu’il reste des efforts à faire pour collecter les informations sur le hors-bilan et suggèrent d’améliorer l’information du Parlement sur cette question.
Plus d'articles du même thème
-
Nicolas Namias est renouvelé à la tête de BPCE
Le conseil de surveillance a renouvelé le mandat du président du directoire de BPCE pour quatre ans à l'unanimité. -
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts