Les émissions obligataires des entreprises font le plein
Le succès de l’émission obligataire d’Apple, qui vient de lever 17 milliards de dollars (13 milliards d’euros), illustre l’appétit sans borne des investisseurs pour la dette. Le groupe technologique américain n’a pas pu faire face à l’abondante demande, les ordres ayant dépassé les 50 milliards de dollars, selon Reuters. Cette émission obligataire en six tranches, destinée à financer le versement de 100 milliards de dollars de dividendes aux actionnaires, constitue un record pour une entreprise non financière.
Le précédent était détenu par le groupe pharmaceutique Roche qui avait émis pour 16,3 milliards de dollars en février 2009. La demande a été soutenue par le fait que les investisseurs avaient été informés en amont que ce serait le seul emprunt obligataire d’Apple cette année, reléguant aux oubliettes les espoirs de prochaines émissions en euros ou en livres.
Le groupe pétrolier chinois Cnooc s’apprête lui aussi à battre un nouveau record. Il a mis dès hier pour 4 milliards de dollars de titres sur le marché. L’opération permettra l’acquisition du groupe canadien Nexen. C’est la plus importante transaction pour un émetteur asiatique en dehors du Japon ces dix dernières années, devant les 3,5 milliards de dollars levés par China Petroleum & Chemical en mars. L’agence Moody’s a attribué la note Aa3 à l’opération.
Tous les types de dette, même les plus risquées semblent trouver preneur dans un environnement de taux bas peu propice au rendement. La banque espagnole BBVA a réussi mercredi à placer pour 1,5 milliard de dollars d’obligations perpétuelles à un coupon de 9%. Il s’agissait de la première émission de dette tier 1 compatible avec les nouvelles exigences liées à la réforme Bâle 3. En dépit d’une structure complexe qui prévoit 3 seuils de déclenchement («trigger») pour la conversion obligatoire des obligations en actions, la transaction de BBVA a fait le plein auprès des investisseurs. La demande a excédé les 9,25 milliards de dollars selon IFR.
Malgré le discours de sélectivité en matière de crédit relayé par la plupart des gérants, l’appétit sans limite des investisseurs fait redouter l’apparition d’une bulle obligataire. Après une année 2012 record, le montant des émissions de dette d’entreprises de catégorie «investment grade» les mieux notées a atteint 948,5 milliards de dollars depuis le début 2013 au niveau mondial soit un recul de 4% sur un an, selon Thomson Reuters.
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