Les émissions à bêta élevé animent le marché primaire de la dette
La semaine dernière a été marquée par l'émission de titres AT1 par Deutsche Bank et le retour de GDF Suez avec une émission de dette hybride
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Patrick Aussannaire
L’appétit des investisseurs pour les émissions «high bêta» ne s’est pas démenti la semaine dernière, malgré un écartement des spreads sur les émetteurs périphériques en début de semaine. Au bout du compte, l’indice iTraxx principal est resté quasi stable, alors que l’indice «cross-over» se resserrait de 2,4 pb. «Dans le cas d’une action massive de la BCE, les valeurs de crédit ‘high bêta’ rassemblant la dette cross-over, high yield, hybride et AT1 seront très difficiles à ignorer compte tenu des rendements offerts nettement plus attractifs», estime SG CIB.
En témoigne le succès de l’émission multidevise AT1 en euro, dollar et livre sterling réalisée par Deutsche Bank, dont toutes les tranches sont sorties au bas des fourchettes initiales et qui a permis à la banque allemande de lever près de 3,5 milliards d’euros. Grâce à un carnet d’ordres de plus de 25 milliards d’équivalent euros sur les trois tranches, le groupe a ainsi émis pour 1,75 milliard de titres en euros assortis d’un coupon de 6% coupon, 1,25 milliard de dollars avec un coupon de 6,25%, alors que l’émission de 650 millions de livres sterling est ressortie à un coupon de 7,125%. La banque suédoise SEB a également levé un milliard de dette tier 2 en concédant un spread de 145 pb au-dessus du taux mid-swap.
Après son émission de 600 millions d’euros réalisée la semaine dernière et cinq fois sursouscrite à un coupon de 4%, Nykredit Realkredit envisage de venir à nouveau prochainement sur le marché primaire des obligations «CoCos», selon Bloomberg qui cite son directeur financier. La banque danoise avait déjà émis 750 millions de dette AT1 en mars dernier. De son côté, la banque italienne Banco Popolare serait également prête à émettre des titres AT1 après le succès de son augmentation de capital de 1,5 milliard d’euros.
La semaine passée a également été marquée par le retour de GDF Suez sur le marché primaire, une semaine seulement après le succès de son émission de green bonds qui lui avait déjà permis de lever 2,5 milliards d’euros. Cette fois, le producteur de gaz et d’électricité a placé 2 milliards d’euros de dette hybride en deux tranches d’un milliard chacune, portant des dates de «call» de 2019 et 2024. Le carnet d’ordres de 7,4 milliards a permis d’afficher des coupons resserrés de 12,5 pb par rapport aux objectifs initiaux, à 3% et 3,875%, soit 259 et 267 pb au-dessus du taux mid-swap.
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