Les émetteurs chinois cotés à l’étranger dans le collimateur des vendeurs à découvert
Sino-Forest vient d’en faire l’amère expérience: les sociétés chinoises cotées à l’étranger n’ont pas bonne presse. L’exploitant de plantations arboricoles, présent à la Bourse de Toronto et qui compte le fonds Paulson & Co pour principal actionnaire, a vu sa valeur boursière fondre de 3,19 milliards de dollars canadiens en l’espace de deux jours. Ce vent de panique a été soulevé par une note au vitriol du cabinet Muddy Waters Research accusant Sino-Forest d’avoir surévalué ses actifs forestiers.
Le fondateur de la société, qui s’est fait de la vente à découvert une spécialité, a comparé Sino-Forest à «une chaîne de Ponzi, étant donné qu’elle émet continuellement de nouveaux titres pour se financer». Carson Block a assuré sur Bloomberg Television qu’il maintiendrait son biais baissier jusqu’à ce que les actions de Sino-Forest atteignent «zéro».
Mais après avoir cédé 70% en deux jours, la valeur a rebondi de plus de 40% à la faveur d’un effort de transparence de Sino-Forest. En réponse à une accusation qu’elle juge «diffamatoire» et guidée par «un intérêt personnel évident», la société a publié sur son site internet un document de 76 pages détaillant ses plantations en Chine. Elle a également indiqué avoir mandaté un cabinet d’avocats en vue d’éventuelles poursuites judiciaires.
Cette affaire en rappelle une autre. Le mois dernier, le producteur d’engrais Yongye a plongé de 20% en Bourse après des accusations de fraude lancées par le fonds alternatif Absaroka Capital Management. Mais le groupe coté au Nasdaq s’est défendu vigoureusement, parvenant même à décrocher un investissement d’un fonds asiatique de Morgan Stanley. L’action a regagné 40%, laissant à certains vendeurs à découvert un souvenir cuisant.
Les émetteurs chinois cotés à l’étranger paient le prix d’une défiance des investisseurs à l’égard de leur comptabilité. Les Etats-Unis figurent en première ligne. D’après le Financial Times, plus de 25 sociétés chinoises cotées à New York ont reconnu au cours des six derniers mois des irrégularités comptables ou ont vu leur commissaire aux comptes claquer la porte. Le cabinet d’audit Deloitte a ainsi formellement accusé le mois dernier l’éditeur de logiciels Longtop d’avoir falsifié des relevés bancaires.
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