Les distributeurs de fonds s’inquiètent des déboires de H2O
Les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) qui préconisaient l’achat des fonds de H2O AM se font discrets depuis vendredi dernier. Et ce d’autant qu’ils ne savent pas exactement ce que vont devenir les actifs détenus par leurs clients. Le gestionnaire a annoncé que la liquidation de ses positions illiquides devrait ne prendre que quatre semaines, mais certains observateurs jugent qu’une telle opération, portant sur un total d’environ 1,5 milliard d’euros de titres obligataires non cotés, soit 7% de ses actifs totaux, pourrait prendre davantage de temps. Même si selon une information dévoilée par Bloomberg, qui déclare avoir eu accès à des documents internes à la société, deux investisseurs allemands, Friedrich Knapp et Ulrich Marseille, se sont engagés auprès de Lars Windhorst à racheter pour un montant cumulé de 595 millions de dollars de ces titres. Ce dernier s’étant engagé en avril dernier à reprendre les titres illiquides de H2O dans une structure appelée Evergreen.
«Un mois devrait être suffisant pour créer les nouveaux véhicules séparant les actifs liquides des actifs illiquides, mais ce ne sera pas suffisant pour céder tous les actifs incriminés», anticipe un distributeur. «H2O est en prise avec des problèmes de liquidité depuis plus d’un an. Certes, il y a eu la crise du Covid, mais si la société n’a pas réussi à se séparer de ses titres illiquides, c’est qu’il y a un réel problème», continue celui-ci, traduisant bien l’inquiétude de beaucoup de conseillers. Une fois ces structures mises en place, «H2O remboursera les porteurs de parts du fonds illiquide au fur et à mesure des cessions», croit savoir un gérant de fonds de fonds positionnés sur les produits de H2O.
Mais pour les CGP, le problème de la valorisation des actifs illiquides du gestionnaire n’est peut-être pas le pire. «Les fonds de H2O présentent une volatilité très importante, la perte potentielle engendrée par les actifs illiquides ne constitue donc pas notre principale inquiétude», se rassure l’un d’entre eux. Le véritable souci provient bien de la perte d’image et de réputation que ces derniers pourraient subir. «Il est difficile de justifier auprès de ses client la fermeture d’un fonds d’un gérant qui a toujours prôné une très grande liquidité de ses produits», explique l’un d’eux. Les plus pessimistes s’interrogent même sur «la fin de l’aventure H2O».
Sans aller jusque-là, il n’est pas certain, après cet épisode, que les conseillers se risquent à nouveau à faire confiance au gestionnaire.
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