H20 AM s’en remet au cantonnement de ses actifs illiquides
Pas question pour H2O AM de geler ses fonds, affirmait son PDG Bruno Crastes en juin 2019, alors que la société de gestion faisait face à des demandes massives de rachats. Quatorze mois plus tard, ses investissements peu inspirés dans les sociétés du financier allemand Lars Windhorst ont eu raison de cette position de principe. A la demande de l’Autorité des marchés financiers, l’affilié à 50% de Natixis a bloqué les souscriptions et les rachats sur huit des fonds de sa gamme. L’objectif : cantonner les actifs illiquides liés à Windhorst, qu’elle ne peut plus valoriser faute de transactions, et qui dépassaient dans certains OPCVM le plafond autorisé de 10% du portefeuille.
«La suspension temporaire d’environ quatre semaines mise en oeuvre par H2O AM n’est pas liée à des problèmes de liquidités suite à des demandes de rachat. Il s’agit d’une décision technique, qui permettra de cantonner certains actifs et qui donnera à H2O le temps de céder ces lignes dans l’intérêt des porteurs de parts», indique à L’Agefi Nicolas Namias, le directeur général de Natixis.
La solution du fonds de cantonnement, ou side pocket dans le jargon des gérants, avait été utilisée dans le secteur lors de la crise des subprime puis après le scandale Madoff. La loi Pacte de 2019 a amendé la procédure. Techniquement, les fonds seront scindés, avec un transfert des actifs liquides dans de nouveaux OPCVM conservant la même stratégie d’investissement. Le délai nécessaire à l’opération, dont l’agrément des nouveaux fonds, est estimé à quatre semaines, d’où le gel des souscriptions et des rachats. Les clients détiendront alors des parts dans deux véhicules : l’un constitué d’actifs sains, l’autre uniquement de titres Windhorst, qui pèsent environ 15% de l’encours des fonds concernés. «Dès lundi 31 août 2020, nous publierons sur notre site des valeurs d’inventaire estimées sur les parts des fonds concernés par la suspension», précise H2O dans un communiqué.
La cession de ces actifs illiquides se fera dans le cadre du contrat Evergreen «ou par tout autre moyen», précise H2O. Evergreen est une structure mise en place en avril par Lars Windhorst pour racheter à H2O les actions et les dettes de ses sociétés. Elle doit se financer en émettant des obligations auprès d’investisseurs tiers. Les candidats ne se bousculent pas, et le processus a pris du retard.
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