Les dettes «cachées» des régions espagnoles remontent à la surface
La grogne monte en Espagne. De plus en plus opposé aux mesures d’austérité mises en place par le gouvernement, le peuple espagnol a imposé hier au Parti socialiste au pouvoir leur plus cuisante défaite à des élections municipales depuis 1978. Son rival, le Parti populaire (PP) obtiendrait environ 37% des voix sur le plan national, soit 9 points de plus que les socialistes, faisant ainsi peser un lourd risque sur la dette souveraine du pays.
Si la situation des finances publiques est sensiblement plus favorable que celles des autres PIGS (Portugal, Irlande et Grèce) avec une dette publique à 60,1% du PIB en 2010, son déficit qui a atteint 9,2% du PIB l’an dernier est parmi les plus élevés de la zone (après un excédent de 1,9% en 2007). Dans le même temps, la croissance reste faible à 0,3% au premier trimestre. Et «le cycle de resserrement monétaire enclenché par la BCE aura probablement un impact significatif sur les charges de dettes des ménages, principalement endettés à taux variables» estime BNP Paribas qui reste sceptique quant aux projections de croissance du gouvernement de 1,3% en 2011.
«Mais ce sont les finances des dix-sept régions du pays qui posent souci, avec un déficit de 3,4%, supérieur à celui de l’année précédente (2%) et au-dessus de la cible de 2,4%» estime le Crédit Agricole. En effet, les dettes «cachées» ont joué un rôle central dans les élections dans des régions telles que la Castille où un milliard d’euros de dette n’aurait pas été comptabilisé. Et le Financial Times d’évoquer le cas de 5.200 entreprises, propriétés des pouvoirs publics, dont l’endettement de 26,4 milliards n’entre pas dans les chiffres officiels. La Banque d’Espagne indique en outre que la dette publique des 17 régions espagnoles a plus que doublé depuis 2008, à 115 milliards.
L’objectif du premier ministre, José Luis Zapatero, de ramener le déficit public espagnol à 6% du PIB cette année sera donc très suivi par les investisseurs. Le pays doit en effet lever 15,49 milliards d’euros en juillet, et le taux réclamé par les investisseurs pour la dette espagnole à 10 ans sera déterminant. Il était ressorti à 5,395% la semaine dernière. «Il ne faudrait surtout pas qu’il atteigne 5,8%, soit la limite qu’avaient fixée les responsables européens lors de la création du fonds de stabilité financière», estime Alexandre Hezez, responsable de la gestion chez Convictions AM.
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