Les déséquilibres de la croissance britannique compliquent la tâche de la BoE
Si le rythme de croissance du PIB a atteint son plus haut depuis fin 2007, l’investissement des entreprises et les salaires peinent à suivre
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Patrick Aussannaire
La reprise s’accélère au Royaume-Uni. Le PIB britannique a progressé de 0,8% au premier trimestre, soit une accélération du rythme annuel de croissance à 3,1%, après 2,7% au trimestre précédent. Une croissance au plus haut depuis fin 2007 et qui permet au PIB de revenir à seulement 0,6% de son niveau de début 2008. Malgré une estimation préliminaire légèrement inférieure aux prévisions du consensus de 0,9% et de la BoE de 1%, elle ne couvre néanmoins que 44% des données nécessaires au calcul du chiffre final, et est donc soumise à révisions.
«Les indicateurs d’activité, d’emploi et de confiance montrent la persistance du renforcement de l’activité», estime ING qui prévoit une croissance annuelle de 3%, la plus élevée parmi les pays développés.
Ces chiffres «devraient en théorie renforcer le scénario d’une remontée des taux directeurs de la BoE plus précoce qu’attendu», estime RBS qui table cependant sur une révision à la baisse des prévisions d’inflation et d’activité de la BoE à l’occasion de la publication mi-mai de son prochain rapport mensuel d’inflation. Les dernières minutes de la réunion de la banque centrale faisaient déjà état d’«incertitudes considérables» sur l’évolution de l’activité avec une «forte disparité d’opinions» sur les perspectives d’inflation à moyen terme parmi ses membres.
Les économistes mettent eux aussi en avant leurs craintes concernant les déséquilibres qui caractérisent la reprise de l’activité au Royaume-Uni. Certes, le taux d’utilisation des capacités de production dans le secteur manufacturier est repassé au-dessus de sa moyenne de long terme, ce qui devrait conduire à une hausse de l’investissement des entreprises de 6,9% cette année et 6,3% en 2015 selon Natixis. Pourtant, fin 2013, son niveau restait encore inférieur de 19,2% à celui de début 2008. Dans le même temps, le déficit courant s’est creusé à 4,5% du PIB, au plus haut depuis 1989.
A 1,4%, la hausse des salaires reste en outre inférieure à l’inflation, qui a chuté à 1,7%. «Les pressions inflationnistes à court terme se sont atténuées avec l’appréciation du taux de change effectif global», explique Natixis. Malgré une légère baisse hier, la livre sterling s’est appréciée de 11% contre dollar, et de 6% contre euro depuis août 2013. Dans ce contexte, «malgré la chute du taux de chômage sous le seuil des 7%, la BoE ne devrait pas commencer à augmenter ses taux avant fin 2015», estime Natixis.
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