Les créanciers des banques espagnoles épongeront une minorité des besoins en capital
Madrid ne doit pas attendre de miracles des créanciers bancaires subordonnés. La mise à contribution de ces derniers pour renflouer les banques espagnoles constitue l’un des points clés du memorandum fixant les conditions d’une aide européenne à l’Espagne. Mais si la Banque d’Espagne estime à 67 milliards d’euros la quantité de dettes bancaires juniors en circulation, le capital levé grâce à la conversion de ces titres ou à des rachats sous la valeur du pair sera bien inférieure, et loin de couvrir tous les besoins identifiés.
Selon les données Bloomberg, plus de la moitié de ces titres a en effet été émise par Santander, BBVA et La Caixa. Soit les trois groupes dont les autorités jugent qu’ils n’auront pas besoin d’une aide. Les dettes tier one et tier two en circulation atteignent 9,5 milliards d’euros chez Santander, 6,5 milliards chez BBVA et 19,5 milliards à La Caixa.
Le rachat, volontaire ou forcé, des dettes hybrides avec de fortes décotes pose aussi des problèmes politiques. La majorité de ces titres a été vendue aux épargnants locaux. Alors que l’Irlande ou l’Islande ont fait payer des créanciers non-résidents, la facture pèsera sur les ménages espagnols. «Cela reste un moindre mal, comparé à la perspective d’un accroissement de la dette publique, de dégradations de note, et des effets de contagion à l’ensemble de l’économie», relativisent les stratégistes de RBS.
Oliver Wyman et Roland Berger ont estimé entre 51 et 62 milliards d’euros les besoins en fonds propres du système bancaire espagnol. Le chiffrage définitif sera établi en septembre après des tests individuels. Avant toute aide publique, les banques lanceront des offres d’échange ou de rachat sur leur titres subordonnés pour faire payer les créanciers privés. Si les offres volontaires ne font pas le plein, le rachat sera forcé, comme en Irlande, grâce à une législation que le pays devrait passer d’ici à fin août. Le memorandum indique aussi que les rachats ne pourront se faire avec une prime de plus de 10% par rapport à la valeur de marché des titres.
Pour Bernd Volk, stratégiste chez Deutsche Bank, «ces mesures de partage du coût du sauvetage sont positives pour les porteurs de Cédulas». Les obligations sécurisées espagnoles, dont l’encours atteint 430 milliards d’euros, sont essentielles au refinancement du secteur, dont les emprunts à la BCE ont atteint un record de 365 milliards en mai.
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