Les clauses d’action collective visent à organiser les restructurations de dettes d’Etat
Angela Merkel, la chancelière allemande, a clairement indiqué hier que ses projets d’un mécanisme permanent de résolution de crise en Europe ne s’appliqueraient qu’après 2013. De quoi renvoyer à cette date l’apparition éventuelle de clauses d’actions collectives (CAC) dans les prospectus d'émission de la dette souveraine en Europe, alors qu’un document de travail préparé par Berlin et relayé par la presse évoquait l'échéance de 2011.
Le principe des CAC est répandu depuis 1996. A la suite de la crise mexicaine de 1994, le G10 a proposé d’insérer ces clauses dans les émissions de dettes souveraines externes pour que les porteurs obligataires votent et, le cas échéant, acceptent une offre de restructuration. Egalement soutenues par le Fonds monétaire international, ces clauses ont en revanche été contestées par le secteur financier. Finalement, après la crise en Argentine, le Mexique a été le premier pays en 2003 à émettre de la dette avec ces clauses. Puis la pratique s’est généralisée dans les pays émergents. L’utilisation des CAC a également été recommandée par la Commission européenne à ses membres dans le cas d’émissions à l’étranger.
Concrètement, les CAC ont pour but de formaliser le processus de restructuration de la dette d’un Etat lorsque ce dernier ne peut plus se financer sur le marché. Ces clauses fixent d’abord la part des créanciers qui doit voter en faveur d’une offre de restructuration pour que celle-ci puisse être engagée. Ceux qui ont voté contre sont donc contraints de se conformer à la majorité, ce qui accélère le processus de restructuration. Le seuil recommandé par le G10 est de 75% mais certains pays émergents vont jusqu’à 85%.
Les CAC définissent aussi la façon dont les créanciers sont représentés et les caractéristiques de la dette qui peuvent être modifiées dans le cadre des discussions. Un rééchelonnement, un rallongement des maturités ou une décote peuvent donc être adoptés dans ce cadre. «Les CAC consistent seulement à inscrire clairement ce qui peut être envisagé en cas de difficulté d’un Etat», estime une source proche de l’Agence France Trésor. Pour le think tank Bruegel, ces clauses ne sont pas un dispositif suffisant pour prévoir le sauvetage d’un Etat car elles ne résolvent en rien la question de la stabilité financière de la zone euro dans une telle situation.
Plus d'articles du même thème
-
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages. -
Roquette émet une obligation hybride de 600 millions d'euros
Les produits nets de l'émission des obligations seront utilisés pour des besoins courants d’entreprise. -
EXCLUSIFWemo Reim change la structure de frais de sa SCPI Wemo One
Quelques semaines après avoir revalorisé son prix de part, la société a fait voter deux résolutions majeures à une large majorité lors de l'assemblée générale vendredi 17 avril. -
Partners Group lève 9 milliards de dollars dans le secondaire
Composée d’un fonds fermé et de mandats, l'enveloppe collectée par la société helvétique s’inscrit dans la dynamique d’un segment devenu stratégique pour la liquidité des investisseurs. -
Les stratégistes reviennent sur la tech américaine et les taux courts européens
Alors que la réouverture du détroit d’Ormuz renforce l’optimisme sur un accord entre les Etats-Unis et l’Iran, stratégistes de banques et gérants avaient déjà commencé à bouger leurs pions vers les actions américaines et les obligations en Europe. -
Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
Vendredi 17 avril, le consortium formé par les trois opérateurs télécoms a annoncé l’entrée en négociations exclusives avec Altice France pour lui racheter SFR. Cette fois, cet accord historique à 20,35 milliards d'euros pourrait bien se concrétiser, avec des autorités antitrust plus accommodantes et de nouveaux impératifs de souveraineté.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat