Les banques rachètent leur propre dette pour renforcer leur capital

L’italienne Intesa Sanpaolo a lancé une offre de rachat portant sur 1,5 milliard d’euros d’obligations subordonnées et senior
Krystèle Tachdjian

Sur fond de tensions persistantes en zone euro, les banques profitent des décotes sur la dette senior et subordonnée pour racheter une partie de ces instruments financiers et renforcer leurs fonds propres. La banque italienne Intesa Sanpaolo a ainsi annoncé mercredi qu’elle proposait de racheter pour près de 1,5 milliard d’euros d’obligations. L’offre est plafonnée à un milliard pour les obligations subordonnées et à 500 millions pour les obligations senior. Elle expire le 26 juillet. Le prix proposé est élevé. Il représente près de 80,5% et 102,5 % respectivement de la valeur nominale.

«Lors d’une précédente offre de rachat similaire sur des titres Tier 1 en février, Intesa Sanpaolo a généré un gain de 270 millions d’euros avant impôts et de 180 millions d’euros après impôts. Le gain pourrait être similaire lors de cette opération en fonction des titres qui seront apportés en priorité à l’offre», estime Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon. Les effets de l’opération se feront sentir dans les comptes du troisième trimestre. Avec un ratio core tier one de 10,5% à fin mars, Intesa Sanpaolo est déjà bien capitalisée.

En novembre dernier, plusieurs banques françaises avaient elles aussi procédé à des rachats de dette. Le but de la manœuvre est simple. «Les banques font preuve d’opportunisme. Elles rachètent leur papier, remboursent les créanciers à un prix inférieur au prix d’émission des titres. Ensuite, elles annulent ces titres, empochent la différence et l’utilisent pour renforcer leurs fonds propres à un moindre coût»», explique David Benamou, associé chez Axiom Alternative Investments. Certains établissements bancaires consacrent aussi une partie des liquidités mises à disposition par la Banque centrale européenne (LTRO notamment) pour procéder au rachat de dette. Les investisseurs institutionnels en profitent eux pour vendre et alléger leur exposition à la dette bancaire des pays périphériques.

Cette semaine encore, Credit Suisse a aussi annoncé des mesures visant à augmenter son capital de 8,7 milliards de francs suisses (7,24 milliards d’euros) avec d’une part une émission d’obligations convertibles et d’autre part l’échange de titres hybrides en obligations convertibles (CoCo) qui comptent dans le capital tier 1. Objectif: satisfaire la Banque nationale suisse.

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