Les banques ne voient plus l’intérêt de déposer leur argent à la BCE
Les banques s’adaptent à la baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE). Les montants stockés à la facilité de dépôt de l’institution sont tombés à 325 milliards d’euros mercredi contre 809 milliards d’euros la veille. Les établissements n’ont pas soudainement décidé de prêter à l’économie mais simplement renoncé à déposer leur argent à la BCE puisque celle-ci ne le rémunère plus.
Pour mémoire, les réserves obligatoires des banques sont rémunérées au taux du refi (0,75% aujourd’hui). Au-delà de leur niveau maximum, l’argent que les banques ont sur leur compte courant n’est plus rémunéré et elles préfèrent donc l’apporter à la facilité de dépôt de la BCE. L’usage de cette dernière a explosé avec la mise en œuvre des opérations de refinancement à long terme (LTRO) fin 2011 et début 2012.
Les taux de la BCE ont été effectivement abaissés de 25 points de base mercredi et celui de la facilité de dépôt est passé à 0%. Les banques n’ont donc plus aucun intérêt à sortir l’argent de leur compte courant pour le déplacer à la facilité de dépôt. D’ailleurs, l’usage des comptes courants est passé de 74 milliards d’euros à près de 540 milliards d’euros ces derniers jours. Le total de l’argent en excès des réserves est quant à lui resté à 760 milliards d’euros.
«L’usage de la facilité de dépôt devrait continuer à baisser et pourrait finir par être nul», assure Patrick Jacq, stratégiste chez BNP Paribas. Selon lui, «il y a un excès de liquidité mais celle-ci circule très peu, il y a un manque d’appétit pour le risque et une demande de crédit faible de la part des ménages et des entreprises».
Pour l’économiste de JPMorgan, Greg Fuzesi, la baisse du taux de la facilité de dépôt pourrait pousser les banques à investir leur excès de liquidité dans des actifs offrant un rendement intéressant et donc favoriser les échanges entre les banques. Encore faudrait-il que les gouvernements européens parviennent à dissiper les incertitudes pesant sur la zone euro.
D’ores et déjà, le mouvement de la BCE s’est répercuté sur l’Eonia. Le taux au jour le jour est passé de 0,323% à 0,131% hier. «Les fonds monétaires vont avoir des performances extrêmement faibles, voire nulles», indique Patrick Jacq. L’Euribor est tombé à 0,497% contre 0,641% un jour plus tôt. Cette baisse «est positive pour ceux qui sont endettés à taux variables mais ce n’est pas ça qui va relancer l’activité», assure le stratégiste.
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