L’envolée spectaculaire du marché actions chinois repose sur le crédit
Les actions chinoises sont sous stéroïdes. L’indice composite de Shanghai s’est envolé de 22% depuis la baisse des taux directeurs de la PBOC le 21 novembre et de 32% sur les 30 dernières séances, pour dépasser hier le seuil des 3.000 points pour la première fois depuis avril 2011. L’indice de Shenzhen a quant à lui doublé depuis son point bas de décembre 2012 pour revenir sur ses plus hauts niveaux de janvier 2008.
La performance de Shanghai se monte à 43% depuis le début de l’année, et dépasse désormais de 10 points celle du marché indien, alors qu’elle lui était encore inférieure de plus de 20 points début septembre, à 5,6% contre 26,9% pour l’indice Sensex.
Une performance surprenante, dominée par les valeurs financières, qui intervient pourtant dans un contexte de ralentissement de la croissance chinoise. «Cette hausse a certes été poussée par des niveaux de valorisations favorables et des achats précédant le lancement du Shanghai-Hong Kong Connect, mais elle a ensuite acquis un élan propre, soutenu par une envolée des effets de levier» suite à la levée des restrictions sur les marges de courtage pour les particuliers, estime la société de recherche Dragonomics. Depuis juillet, les achats sur marge des actions cotées à Shanghai ont plus que doublé à 840 milliards de yuans. Dans le même temps, les volumes quotidiens ont quadruplé pour franchir pour la première fois les 100 milliards de dollars vendredi, contre 14 milliards en moyenne depuis 2006, avec de fortes variations de cours en séance.
Si les investissements étrangers sur le «Stock Connect» vers Shanghai restent modérés, les particuliers se ruent sur les marchés, avec 370.000 comptes titres ouverts en une semaine fin novembre, contre moins de 100.000 en juin. «Des banques commerciales ont fortement augmenté leurs prêts aux investisseurs en actions, notamment aux particuliers (umbrella trust). Ce type de financement non sécurisé qui s’apparente à des prêts à la consommation non régulés s’est propagé rapidement pour atteindre 500 milliards de yuans», estime UBS.
Certains des fonds proviennent même des produits de gestion de fortune offerts par les banques pour attirer les dépôts en contrepartie de rendements attractifs et servent à des positions spéculatives. Dragonomics craint ainsi «un renversement brutal du marché» dû à un probable renforcement des contrôles de la part des autorités et à la poursuite de la détérioration des profits.
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