L’envolée des prix agricoles reste le cauchemar des pays émergents
Le prix du coton et du blé ont progressé respectivement de 154 % et 77 % en un an, alors que celui du sucre a atteint un plus haut de 30 ans
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Patrick Aussannaire
La hausse du prix des produits agricoles risque de peser sur les économies des pays émergents. Poussé par les conséquences du cyclone Yasi qui s’est abattu sur l’Australie (troisième exportateur mondial), le prix des contrats futures du sucre a atteint un plus haut de 30 ans à 36,11 cents. Le prix du coton s’est envolé de 154% sur les 12 derniers mois pour atteindre le niveau record de 1,7622 dollars par livre. A 8,63 dollars par boisseau, le prix du blé a enregistré une hausse de 77%, alors que le maïs, le soja, le cacao et le café sont également orientés à la hausse. L’indice UBS Bloomberg mesurant l’évolution de 26 matières premières agricoles, énergétiques et de métaux s’est ainsi hissé au niveau record de 1.736,62.
Et les perspectives n’indiquent pas un retournement de tendance. Les niveaux de production décevants de la part du Brésil, premier exportateur mondial, et la révision à la baisse de la production australienne d’un million de tonnes métriques à 3,3 millions en 2011 devraient peser sur les prix du sucre. Quant aux grands froids connus cet hiver aux Etats-Unis, ils devraient affecter la production de blé. En outre, le Pakistan, quatrième producteur mondial, a baissé sa production de coton de 2,5 millions d’unités, alors que l’Australie fait face à des pertes de 300.000 unités. Craignant la poursuite de la hausse des prix, les sociétés se sont mises à acheter des matières premières, une couverture qui risque de peser sur les prix à court terme.
Des mesures ont certes été prises telles que des contrôles de prix, ou le rationnement des consommateurs en Asie. L’ICE Futures, marché américain des «soft commodities», envisagerait même d’exiger des opérateurs de marché qu’ils ne dépassent des positions de 30.000 contrats que si c’est «économiquement nécessaire» dans le but de limiter la spéculation. Les économistes estiment cependant que ces mesures restent trop locales pour enrayer la tendance haussière.
Dans ce contexte, les inquiétudes inflationnistes des pays émergents pourraient conduire à de nouveaux resserrements monétaires dans les prochains mois. La Chine est en effet le premier importateur mondial de coton, de soja et de maïs. L’inde a ainsi annoncé hier que l’indice des prix alimentaires avait progressé de 17,05% au 22 janvier, tirant l’indice des prix de gros à 8,43% en décembre sur un an, contre 7,48% en novembre.
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