L’économie australienne paye son exposition au secteur minier
La croissance du PIB a ralenti à un rythme annuel de 3,1% au troisième trimestre, ouvrant la porte à une nouvelle baisse des taux directeurs
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Patrick Aussannaire
L’économie australienne essuie les plâtres de son exposition au secteur minier. Le PIB du pays a vu son rythme de croissance ralentir à 3,1% sur un an au troisième trimestre, après un chiffre révisé à la hausse de 3,8% au trimestre précédent. Les investissements publics ont retiré 0,1 point de croissance, «ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la cure d’austérité budgétaire menée à la fois par l’Etat central et au niveau régional» explique JPMorgan.
Dans le même temps, la contribution de la consommation des ménages s’est réduite à 0,2 point, après 0,7 point au deuxième trimestre, son plus faible apport depuis début 2010.
Plus inquiétant: le filon minier commence à se tarir. La RBA a même reconnu mardi que «les derniers indicateurs confirment que le pic des investissements dans les matières premières approche» pour justifier la baisse des taux directeurs à 3%, leur plus faible niveau depuis le plus bas atteint en 2009.
Or, «les investissements hors secteur minier n’ont toujours montré aucun signe de vie» estime Barclays Capital. Sur le troisième trimestre, qui a vu les géants australiens du secteur réviser drastiquement à la baisse leurs projets d’investissement, les investissements miniers ont ralenti à 4,5%. Et le pays ne peut pas compter sur une dépréciation de sa devise pour compenser un ralentissement de la production.
Les prix du minerai de fer et du charbon ont chuté de 10% et 20% sur le trimestre, avec une dégradation des termes de l’échange qui atteint 14% sur un an. Le dollar australien progressait hier à 1,0469, soit une hausse de 49% depuis fin 2008. La RBA a d’ailleurs mis en avant mardi «le taux de change (qui) reste plus élevé que ce que nous aurions pu espérer, compte tenu de la baisse des prix à l’exportation et de l’affaiblissement de la croissance mondiale».
Dans ce contexte, les marchés anticipent une nouvelle baisse de taux de 25 pb d’ici à mars 2013 avec une probabilité de 75%, ce qui les ramènerait à 2,75%, un plus bas historique.
Malgré cela, les titres australiens restent attractifs. Mardi, le Trésor a placé 600 millions de dollars locaux d’obligations souveraines à 10 ans, à un rendement de 3,1514%. «Avec des taux de référence mondiaux proches de zéro, et avec une faible volatilité, les gérants internationaux et les banques centrales peuvent encore tirer des rendements positifs en Australie» estime la Commonwealth Bank of Australia.
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