L’échec du « super comité » américain devrait peser sur la consommation
Si la note des Etats-Unis ne devrait pas être affectée par cet échec, les coupes automatiques dans les dépenses bloquent tout programme de relance
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Patrick Aussannaire
Les mêmes causes semblent produire les mêmes effets dans le cadre des négociations budgétaires aux Etats-Unis. Pourtant échaudés par la perte de leur «AAA» suite aux tergiversations des négociations sur le relèvement du plafond de la dette en août dernier, Républicains et Démocrates ont dû admettre hier soir l’échec de la mission qui a été confiée au «super-comité» sur les déficits. «Après des mois de travail acharné et de délibérations intenses, nous sommes arrivés aujourd’hui à la conclusion qu’aucun accord bipartisan ne sera en mesure d'être annoncé avant la date limite du comité», indique ainsi le communiqué commun.
Les négociations ont une nouvelle fois buté sur la baisse de prélèvements sur les salaires réclamée par les Républicains, et le prolongement de la durée d’indemnisation du chômage réclamé par les Démocrates. Le «super comité» reconnaît qu’en dépit de son échec, la «crise budgétaire doit être résolue». Or, l’endettement américain a dépassé le cap de 15.000 milliards, l'équivalent de son PIB, et en février ou mars 2012, le nouveau plafond de la dette devrait être atteint et susciter de nouvelles négociations. Et les prévisions de croissance du CBO paraissent optimistes. Après 1,7% en 2013, le CBO prévoit un rebond du PIB américain de 4,4% en 2014 et 5% en 2015.
Or, à court terme, avec 1.200 milliards qui seront automatiquement prélevés sur les dépenses du Pentagone et dans d’autres dépenses à partir de 2013, «au 31 décembre, les ménages vont connaître une baisse de 3% de leurs revenus nets et les chômeurs de longue durée vont perdre leurs indemnités. Deux éléments qui devraient lourdement peser sur la consommation de début d’année» estime Aurel BGC. Or, les Etats-Unis ont besoin «de dégager des moyens supplémentaires qui permettraient de mettre en place des mesures de soutien ciblées sur l’immobilier et le chômage» estime CM-CIC.
Les agences de notation ont fait savoir que la note de crédit américaine ne serait pas affectée par l'échec de ces discussions. Fitch devrait achever sa revue de la dette américaine d’ici la fin du mois. Malgré une chute du Dow Jones de 2,10%, le dollar s’est renforcé contre euro à 1,3490 hier soir contre 1,3524 vendredi. Par ailleurs, l’adjudication hier de 35 milliards à deux ans par le Trésor américain a connu son plus vif succès depuis 1992 avec un ratio de couverture de 4,07. Et le taux dix ans restait fermement ancré sous les 2% à 1,964%.
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