Le yen est une valeur refuge pour les banques centrales

Les banques centrales ont réduit leur exposition à l’euro sans pour autant se reporter massivement sur le dollar. La monnaie nippone en profite
Krystèle Tachdjian

Les banques centrales se sont allégées en devises libellées en euro au premier trimestre sans pour autant se reporter massivement sur le dollar. Les statistiques trimestrielles du FMI sur les réserves de change montrent en effet que les gestionnaires ont réduit leur exposition à la monnaie européenne de la livre britannique, du franc suisse, et du yen.

Sur les trois premiers mois de l’année, les réserves de change mondiales ont crû de 2,2% à 10.421 milliards de dollars, soit la plus forte hausse sur la période depuis le deuxième trimestre 2011. Le FMI ne connaît le détail de la répartition de ces actifs que pour 55% du total (5,704 milliards). Ainsi, il ne lève pas le voile sur la politique d’allocation chinoise qui reste secrète.

En apparence, la part de l’euro dans les réserves n’a que légèrement reculé de 25% à 24,9% de janvier à mars. Mais si l’on exclut les effets de change, le repli est plus significatif pour atteindre 2%, selon les analystes de Citigroup. Dans le même temps, les achats de livre sterling et de franc suisse ont augmenté de 2%, et de 1% pour le dollar tandis que les réserves en yen ont bondi de 7,5%. «Il semble que les banques centrales se soient détournées de l’euro et du risque, tout en recherchant des refuges autres que le dollar», expliquent les analystes de Citi. Ils soulignent que la tendance est très différente de celle observée sur la période 2006-2011 où les ventes de dollars avaient profité aux achats d’euros. Selon eux, le fait de considérer aujourd’hui le yen comme une valeur refuge est d’autant plus marquant que l’Archipel est encore confronté à de lourds défis structurels.

«Les banques centrales favorisent lentement le dollar mais ne vendent pas agressivement leurs actifs en euros», tempère Alan Ruskin analyste chez Deutsche Bank. Il juge ce point crucial car les banques centrales demeurent la principale source de soutien des portefeuilles de long terme en euro. Après le récent sommet européen, les banques centrales devraient attendre la feuille de route détaillée pour fin 2012 avant d’envisager toute vente massive en euro, conclut Deutsche Bank. Les dollars canadiens et australiens n’ont quant à eux pas profité de l’appétit pour d’autres devises que l’euro. Les deux monnaies avaient pourtant accru leur poids dans les réserves au quatrième trimestre 2011.

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