Le vice-président de la BCE défend l’efficacité d’un QE souverain
La réunion mensuelle de la BCE du 4 décembre approche et les discours accommodants s’enchaînent du côté de la banque centrale. Après Mario Draghi promettant vendredi d’agir pour faire remonter les perspectives d’inflation «aussi vite que possible», le vice-président Vitor Constancio a nourri hier à son tour les attentes d’un assouplissement quantitatif souverain en zone euro. Le Portugais a indiqué que la BCE suivrait de près l’évolution de son bilan, censé grossir de 1.000 milliards d’euros, et déciderait au premier trimestre 2015 s’il convient d’étendre ses achats d’actifs aux emprunts d’Etat.
C’est la première fois qu’un responsable de la banque centrale donne un calendrier aussi précis. «Ces remarques suggèrent que le Conseil des gouverneurs décidera du lancement d’un programme QE soit à la réunion de politique monétaire du 22 janvier, soit à celle du 5 mars. Nous avons une préférence pour la première», réagissait Guillaume Menuet, économiste Europe chez Citigroup.
Les marchés ont déjà largement anticipé l’annonce d’un QE. Le 21 novembre, jour des propos de Mario Draghi, l’indice actions Euro Stoxx 50 a bondi de près de 3%. Les rendements à 10 ans des pays de la zone euro ont touché cette semaine de nouveaux points bas, aussi bien pour les émetteurs du «cœur», avec un Bund à 0,747% et une OAT à 1,06%, que de la périphérie de la zone, où les taux espagnols sont tombés à 1,91%.
Avec des taux déjà si faibles, l’efficacité d’un QE souverain fait débat. Vitor Constancio en a défendu l’impact hier en mettant en avant des canaux de transmission qui vont «bien au-delà de l’effet direct sur le rendement des titres rachetés». Ces canaux sont notamment le guidage des anticipations d’inflation, et les effets de portefeuille liés au fait que «les investisseurs utilisent le cash reçu pour acheter d’autres actifs, dont des actifs étrangers, avec une influence sur le taux de change». Sans parler de l’impact sur la confiance des agents économiques.
Le banquier central a aussi usé d’arguments plus politiques. Un QE n’encouragerait pas les Etats au laxisme budgétaire, car «la mission d’une banque centrale n’est pas d’exercer plus ou moins de pression sur les gouvernements». Un message quelque peu démenti par la gestion du cas irlandais en 2010. Pour Vitor Constancio, le lancement d’un QE souverain «serait une pure décision de politique monétaire, basée sur la clé de répartition des Etats au capital [de la BCE], au sein de notre mandat».
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