Le Trésor espagnol se joue parfaitement des affaires de corruption
L’audition hier du premier ministre espagnol Mariano Rajoy devant les députés pour s’expliquer de l’affaire de corruption secouant son parti n’a pas pesé sur l’émission du Trésor espagnol. Ce dernier est même parvenu à lever pour 3,22 milliards d’euros d’obligations, à court et moyen termes, plus que les 2 à 3 milliards d’euros espérés, profitant de conditions de marchés favorables, et bien aidé par l’annonce deux jours auparavant d’un ralentissement de la récession dans le pays. Les déclarations la veille au soir de la Réserve fédérale ont également joué en faveur du Trésor.
Pour les obligations à trois ans, le taux est ressorti à 2,636%, contre 2,768% la dernière fois mi-juillet. Pour celles à cinq ans, il est descendu à 3,561%, contre 3,735%. En levant ces 2,3 milliards d’euros à cinq ans, le Trésor espagnol a déjà atteint les trois quarts de son programme annuel d’émissions obligataires à moyen et long termes. De quoi lui permettre de finalement faire l’impasse sur l’opération programmée pour le 14 août prochain.
Remontés au-dessus des 5% fin juin en raison de craintes d’une démission de Mariano Rajoy, et de l’ouverture d’une période d’instabilité politique, les taux espagnols à dix ans ont depuis reflué de près de 40 points de base, pour tomber à 4,619% hier. Devant les députés, le premier ministre espagnol a de nouveau exclu de démissionner et de convoquer des élections.
Le dirigeant a toutefois reconnu s'être «trompé» en faisant confiance à l’ex-trésorier de son parti, Luis Barcenas, en prison depuis le 27 juin pour fraude fiscale et blanchiment d’argent. Il a également admis que des rémunérations complémentaires avaient été versées à des membres du PP, sans préciser s’il en faisait partie comme le suggèrent des documents publiés dans la presse et les déclarations à la justice de l’ex-trésorier.
Plus offensif, Mariano Rajoy a insisté sur l’amorce d’embellie que connaît l'économie espagnole: une baisse du chômage au deuxième trimestre, passé de 27,16% à 26,26%, et un ralentissement du repli de l'économie. «Il s’agit de freiner l'érosion de l’image de l’Espagne que certains encouragent», a-t-il lancé à son opposition, réaffirmant la feuille de route de son gouvernement «combinant austérité et réformes».
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