Le Trésor espagnol compte profiter de la baisse de ses coûts de financement
Madrid a ajusté hier ses besoins de financement pour l’année 2014, alors que le rendement de ses obligations d’Etat à 10 ans est revenu à son niveau de décembre 2009. Ce sont ainsi 65 milliards d’euros d'émissions nettes qui seront réalisées par Madrid cette année, contre 66,1 milliards en 2013.
En données brutes, les émissions à moyen et long terme devraient atteindre 133,3 milliards d’euros. Un montant légèrement supérieur aux prévisions du consensus, qui s’étalaient de 116 à 129 milliards, après 127,7 milliards émis en 2013. Le pays refinancera en outre 109 milliards de bons du Trésor, soit un appel au marché total de 242 milliards.
Le directeur du Trésor, Inigo Fernandez de Mesa, a évoqué hier la réouverture des placements privés, avec des maturités à 30 ans voire perpétuelles. Une signe positif pour le pays qui s’est concentré ces dernières années sur des émissions courtes. Le coût moyen de financement de l’Etat espagnol a été ramené à 2,45% l’année dernière, après 3,01% en 2012, pour une maturité moyenne pondérée de 5,5 ans.
«Les coûts de financement sont actuellement à des niveaux historiquement faibles», s’est félicité Inigo Fernandez de Mesa. Le taux espagnol à 10 ans est descendu à 3,74% hier, soit une baisse de 47 pb depuis le 27 décembre et de 168 pb depuis février 2013. Le spread avec le Bund allemand a suivi une tendance similaire en reculant à 186 pb hier, son plus faible niveau depuis avril 2011. Il avait atteint 650 pb en juillet 2012. Dans ce contexte, la première émission de l’année qui se tient aujourd’hui pour un montant de 5 milliards d’euros sur des maturités 2019 et 2028, servira de test pour jauger l’appétit des investisseurs pour la dette ibérique.
Le Trésor a en outre évoqué son intention de lancer ses premières émissions d’obligations indexées sur l’inflation européenne dans le but de diversifier son offre et d’élargir la base des investisseurs. RBS prévoit des émissions de «linkers» de 7 milliards d’euros sur l’année sur une maturité ciblée à 10 ans. Une piste que pourrait également suivre la Belgique, alors que l’Italie prévoit d’en adjuger un montant de 30 milliards cette année, la France autour de 18 milliards, et l’Allemagne 10 milliards.
«Si la demande reste très limitée pour l’instant, le scénario d’une reprise économique voire d’une accélération de la croissance pourrait inciter les investisseurs à revenir sur cette classe d’actifs», estime Natixis.
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