Le Trésor américain tente d’éviter un plan drastique de réduction de la dette
Le gouvernement américain joue la montre. Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a repoussé de trois semaines son estimation de la date à laquelle le gouvernement pourrait se retrouver dans l’incapacité d’honorer le remboursement d’obligations arrivant à maturité. L’Etat américain pourra continuer à émettre de la dette sous la limite des 14.300 milliards de dollars d’endettement jusqu’au 2 août, ce qui lui laisse ainsi plus de temps pour proposer un accord avec le Congrès pour relever la limite de l’endettement des Etats-Unis, qui devrait être atteint le 16 mai.
Ce report a été permis par des recettes fiscales plus importantes que prévu, mais également par la mise en place de mesures d’urgence. Dans une lettre adressée au Congrès, Timothy Geithner a annoncé que le Trésor suspendrait vendredi l'émission de titres des Etats fédérés pour éviter d’atteindre la limite d’endettement. «Puisqu’il semble que le Congrès n’agira pas (pour relever la limite d’endettement) d’ici le 16 mai, il est nécessaire que le Trésor mette en place ces mesures exceptionnelles cette semaine». Cette annonce vise à réduire considérablement la capacité d’émission de dette des collectivités surendettées. Timothy Geithner a indiqué qu’il comptait également suspendre le réinvestissement des obligations d’Etat détenues dans le Fonds de stabilisation des changes destiné à assurer la stabilité du dollar.
Quelle que soit l’issue de ce bras de fer politique, un plan de réduction drastique du déficit public semble inévitable, et la pilule risque d’être amère à avaler pour le consommateur américain. Les coupes budgétaires de l’Etat fédéral et, surtout, des collectivités locales ont déjà fortement pesé sur la croissance du premier trimestre, l’ensemble des dépenses publiques ayant retranché 1,1 point sur les 1,8% de croissance enregistré sur la période. Aurel BGC estime que «le pouvoir d’achat des ménages s’essouffle en début d’année».
Le gouvernement peut néanmoins compter sur le soutien indéfectible de la Fed, déterminée à prendre tout son temps pour normaliser sa politique monétaire. Avec une inflation hors énergie et alimentation à 1,2% en mars, Ben Bernanke a confirmé la semaine dernière que la Fed considérait les risques inflationnistes comme limités et passagers, avec peu de « pass through » et pas de boucle prix salaires face à un chômage toujours élevé.
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