Le transfert des actions vers les obligations tendrait vers des niveaux de crise
Faut-il y voir un autre signe de récession à venir ? Les sorties de fonds investis en actions américaines ont atteint plus de 100 milliards de dollars depuis janvier et, «au rythme actuel, elles atteindront en 2019 leur deuxième niveau le plus élevé des 15 dernières années», explique Goldman Sachs dans une note. En comparaison, les fonds obligataires et de trésorerie ont enregistré des collectes de 353 et 436 milliards : «L'écart de flux entre les fonds actions et les fonds obligataires et fonds de trésorerie sur les 12 derniers mois est le plus large depuis 2008. La décélération de la croissance américaine, les incertitudes commerciales et géopolitiques et des allocations de départ en actions presque record ont contribué à la rotation.»
Au quatrième trimestre 2018, l’ensemble des investisseurs (ménages, fonds communs et fonds de pension, investisseurs étrangers) avaient une allocation actions qui, à 46% de leurs actifs financiers, se situaient dans le 95e percentile des trente dernières années… Bien que l’indice S&P 500 ait presque retrouvé un niveau record (3.040 points lundi), l’appétit des investisseurs pour les actions est moins important qu’il y a un an avec 44% des portefeuilles (81e percentile depuis 1990) alors que leur allocation en obligations est passée de 24% (25e percentile) à 26% (50e percentile), contribuant à la forte baisse des taux d’intérêt. Leur exposition au cash reste stable en relatif (12% ou 5e percentile des 30 dernières années).
Pour 2020, «l’allocation en actions devrait rester relativement stable», poursuit l’équipe d’analystes emmenée par David J. Kostin, qui ne la voit pas augmenter à nouveau à cause notamment des incertitudes économico-politiques. Les corporates, investisseurs étrangers, ménages et ETF (pour 150 milliards) seraient acheteurs nets l’année prochaine, au contraire des fonds de pension et fonds mutuels (pour la cinquième année). Du fait notamment de fusions-acquisitions, les achats par les corporates atteindraient encore 470 milliards de dollars nets pour 2020 – après 598 milliards en 2018 et 480 milliards pour 2019 – malgré une chute de leur solde de trésorerie (de 185 milliards sur les douze dernier mois pour le S&P 500), une croissance des bénéfices ralentie en 2019 et une moindre incitation politique au «buy-back», qui entraîneraient une baisse de 5% des rachats bruts. Un dollar américain affaibli et une croissance économique stabilisée devraient soutenir les achats d’investisseurs étrangers (+50 milliards nets), conclut la banque.
Plus d'articles du même thème
-
La FTN retient huit fonds d'actions tech pour l'équivalent de 16 milliards d'euros d'encours
L'agence publique suédoise de sélection de fonds cherchait à renouveler son offre de fonds d'entreprises technologiques gérés activement et investis mondialement. -
Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
Le bilan annuel de la Banque de France et de l'ACPR montre que les assureurs et fonds de pension français ont allongé la maturité de leurs portefeuilles obligataires en 2025. -
Les gestionnaires d’actifs en pleine adaptation face à la volatilité
Près de quatre sociétés de gestion mondiales sur cinq s’apprêtent à augmenter leurs stratégies de couverture dans les 24 prochains mois, d’après une étude de Clearwater Analytics. -
Les marchés de taux s'emballent
Les chiffres des indicateurs PMI et les tensions sur le pétrole ont fait bondir les taux des deux côtés de l'Atlantique. -
Les investisseurs se délestent des petites valeurs françaises
La Bourse de Paris est la lanterne rouge des marchés européens avec une sous-performance encore plus marquée des petites et moyennes capitalisations, plus sensibles au risque domestique. Les investisseurs arbitrent en faveur des autres marchés en Europe. -
Les hedge funds réduisent leurs arbitrages sur les taux américains
Les fonds spéculatifs se retirent progressivement des stratégies avec effet de levier dites «cash basis trade» à mesure que les écarts de prix entre les futures et les obligations du Trésor diminuent.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- BNP Paribas AM resserre les lignes métiers après l'intégration d’Axa IM
- Amundi réorganise ses relations clients institutionnels et sa distribution
- Caceis change de nom
- Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- Retraites : Eric Lombard propose d'injecter une dose de capitalisation à l'intérieur de la répartition
Contenu de nos partenaires
-
LFI, Gaza, Ukraine : ces sujets qui ont enflammé le premier débat de la primaire de la gauche
Le premier débat télévisé organisé a mis en lumière les lignes de fracture qui traversent le centre-gauche, tant au sujet des questions internationales que de la position à adopter vis-à-vis de La France insoumise -
Mots dursAffaibli en Allemagne, Merz joue la carte de la rigueur budgétaire en Europe
Le chancelier allemand a pris la tête du groupe des frugaux, qui réclament un coup de rabot sur le prochain budget européen -
Sous pressionGuerre de l'eau : l'ultimatum des collectivités face au gouvernement et aux syndicats agricoles
Alors que la Coordination rurale appelle à creuser des réserves d'eau sans autorisation, la discussion entre le gouvernement et les collectivités locales sur la protection des captages d'eau potable tourne au vinaigre